Reprise des montants prêtés malgré une hausse des conditions de financement
En dépit d'une remontée des taux, le marché du crédit immobilier a enregistré en juin un montant record récent de 13,2 milliards d'euros de nouveaux prêts (hors renégociations), selon les données de la Banque de France. Le taux moyen accordé aux nouveaux crédits immobiliers s'établit, hors assurance, à 3,27 %, un niveau qui n'avait pas été observé depuis février 2025.
Ce double constat — des volumes élevés alors que le prix du crédit augmente — rappelle les mois favorables qui ont précédé la hausse des taux : hormis octobre 2025, ce niveau de production n'avait pas été atteint depuis la période faste comprise entre mi-2018 et mi-2022, lorsque les taux oscillait autour de 1,5 %.
Que pèse réellement cette hausse pour un emprunteur ?
Pour situer l'impact sur le budget des ménages : le coût total du crédit, une fois ajoutés les frais annexes, est plus élevé. Au deuxième trimestre, pour des prêts d'une durée de 20 ans et plus, le taux « tous frais inclus » est estimé à 3,97 %. Concrètement, cela représente environ 45 000 euros d'intérêts pour chaque tranche de 100 000 euros empruntés sur 20 ans — un ordre de grandeur utile pour comparer les mensualités et les efforts d'épargne nécessaires.
"Les indicateurs de production de crédit immobilier reculent nettement",
mettaient en garde les observateurs du marché, signalant un possible retournement après la période d'atterrissage du marché. Pourtant, la Banque de France montre que, en juin, la demande d'emprunts a tenu bon. Cette tension entre une offre de crédit plus chère et une demande toujours soutenue pose deux questions : la pérennité de ces montants et la sensibilité des emprunteurs à de nouvelles hausses.
Comportement des banques et perspectives
Les établissements de crédit ajustent leur politique commerciale : certaines offres ciblées subsistent, tandis que d'autres conditions (assurance emprunteur, garanties, recours au courtier) pèsent sur le coût effectif pour l'acheteur. Comme le souligne une voix du secteur, les banques « ajustent (...) leur politique commerciale », ce qui se traduira par une segmentation plus marquée des profils financés.
- 3,27 % : taux moyen hors assurance en juin (Banque de France)
- 13,2 milliards € : montants empruntés en juin (hors renégociations)
- 3,97 % : taux toutes charges comprises pour prêts à 20 ans et plus au T2
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Taux moyen (hors assurance) | 3,27 % |
| Montant mensuel nouveaux crédits (juin) | 13,2 Md€ |
| Taux toutes charges comprises (T2, 20 ans+) | 3,97 % |
À court terme, si les taux poursuivent leur trajectoire haussière, la production de crédit devrait refléter davantage la sélectivité des banques : baisse des durées accordées, apports exigés plus élevés, ou recours à des profils solides via des courtiers. Pour les ménages, l'enjeu est désormais de calibrer l'opération en mensualités soutenables : un prêt moins cher sur papier peut se traduire par des coûts annexes (assurance, garantie) qui alourdissent le reste à vivre.
Sur le marché immobilier, le maintien d'un niveau de production proche de celui des années fastes prolonge la pression sur les prix, mais il masque une fracture : certains acheteurs continuent d'accéder au crédit, d'autres voient les conditions se durcir. Le prochain semestre dira si ce rythme de juin était une parenthèse ou le reflet d'une demande résiliente face à une offre monétaire plus contraignante.