Sur les places américaines, la séance de jeudi a marqué un net recul des indices, alimenté par la double inquiétude des investisseurs : des publications trimestrielles de grandes entreprises technologiques qui n'ont pas su rassurer sur la trajectoire des marges et des dépenses, et la remontée des cours du pétrole jusqu'à 100 dollars, facteur de risque inflationniste.
Des indices en baisse significative
Les principaux indicateurs ont clôturé en baisse : Dow Jones -1 %, S&P 500 -1,4 % et Nasdaq -2,4 %. Le Nasdaq, à forte pondération technologique, a été le plus touché et a même repris des niveaux inférieurs à ceux observés depuis plusieurs semaines, s'éloignant de plus de 7 % de son record du début juin.
| Indice | Variation |
|---|---|
| Dow Jones | -1 % |
| S&P 500 | -1,4 % |
| Nasdaq | -2,4 % |
Résultats tech : inquiétudes sur l'investissement en IA
Les publications du deuxième trimestre d'acteurs majeurs de la technologie, dont Alphabet et Tesla, n'ont pas convaincu. Alphabet a notamment été sanctionnée en bourse après une révision à la hausse de ses prévisions d'investissements, et son titre a chuté d'environ 7,3 % après la publication des comptes. Les investisseurs s'interrogent désormais sur l'ampleur des dépenses nécessaires pour rester compétitif dans la course à l'intelligence artificielle et sur leur incidence sur les flux de trésorerie.
"Les inquiétudes concernant les dépenses de ces grandes entreprises technologiques couvent depuis un certain temps déjà", a déclaré Chris O’Keefe, directeur général et gestionnaire de portefeuille en chef chez Logan Capital Management.
Selon les analystes, la perspective d'une hausse soutenue des investissements en IA pèse sur l'appétit pour le risque. La consommation de trésorerie, relevée pour certaines grandes capitalisations, est un signal que les marchés interprètent comme un compromis entre la conquête technologique et la préservation des bilans.
Pétrole : le retour des pressions inflationnistes
La flambée du pétrole, qui a atteint 100 dollars le baril lors de la séance, a ravivé des craintes sur l'inflation, renforçant la nervosité des investisseurs. Une hausse persistante des prix de l'énergie complique l'arbitrage des banques centrales entre soutien à la croissance et lutte contre l'inflation, un élément qui pèse sur les valorisations, notamment des valeurs à forte croissance.
- Les publications technologiques ont préparé le terrain à une prise de bénéfices sur les valeurs de croissance.
- Le repli du Nasdaq illustre la sensibilité du marché aux projections d'investissement en IA.
- La montée du pétrole à 100 dollars réintroduit un risque inflationniste susceptible d'influencer la politique monétaire et les perspectives sectorielles.
Pour le marché mondial, la combinaison de résultats d'entreprises jugés prudents sur les flux de trésorerie et d'un choc pétrolier constitue un cocktail défavorable aux actifs les plus sensibles aux taux et aux anticipations de croissance. Les investisseurs vont désormais scruter les prochaines publications et toute indication sur l'ampleur des programmes d'investissement en intelligence artificielle, qui pourraient redessiner les profils de rentabilité des géants technologiques et, par ricochet, des secteurs dépendant du financement de l'innovation.
Au-delà de la volatilité à court terme, ces signaux posent une question centrale pour les entreprises et les salariés : jusqu'où la course à l'IA justifiera-t-elle des dépenses qui peuvent peser sur la capacité d'investissement future, la distribution de dividendes ou les embauches ? Les réponses viendront au fil des rapports trimestriels et des commentaires des directions sur l'allocation du capital.