Des ventes en baisse et une visibilité réduite
Interparfums a publié pour le premier semestre 2026 un chiffre d'affaires de 414,3 millions d'euros, en recul de 7,3% par rapport à la même période de 2025. À taux de change constants, la contraction s'élève à 3,7%. Le groupe met en avant l'effet combiné des tensions au Moyen-Orient et de la moindre fréquentation touristique qui en découle, facteur qui a pesé non seulement dans la région mais également en Europe et en Asie.
Sur le plan géographique, la résistance a été inégale : l'Amérique du Nord a limité la baisse à 2% en données publiées, tandis que l'Europe de l'Ouest a subi un retrait significatif de 17%. L'Asie a connu une amélioration marquée au deuxième trimestre, avec une hausse de 24%, portée par des marques comme Coach, Jimmy Choo et Van Cleef & Arpels et par la reprise sur certains marchés clés tels que la Chine et l'Australie.
Un exercice 2026 attendu en retrait, marge en contraction
Pour l'ensemble de l'exercice, Interparfums table sur un chiffre d'affaires compris entre 850 M€ et 870 M€, ce qui correspond à une baisse d'environ 3% à taux de change constants par rapport à 2025. Le groupe anticipe par ailleurs une marge opérationnelle semestrielle située entre 19% et 20%, contre 23,2% un an plus tôt, signe d'une compression sensible de la rentabilité.
| Indicateur | Semestre / Prévision |
|---|---|
| Chiffre d'affaires S1 2026 | 414,3 M€ (-7,3%) |
| Variation à taux constants | -3,7% |
| Europe de l'Ouest | -17% |
| Amérique du Nord | -2% |
| Prévision CA 2026 | 850–870 M€ (≈ -3%) |
| Marge opérationnelle S1 2026 | 19%–20% (vs 23,2% en 2025) |
Ce que signifient ces chiffres
La combinaison d'une contraction du chiffre d'affaires et d'une marge opérationnelle en recul traduit deux effets : un environnement commercial agité — principalement lié aux tensions géopolitiques et à leurs conséquences sur les flux touristiques — et des pressions sur la profitabilité, potentiellement issues de coûts fixes et d'investissements marketing nécessaires pour soutenir les lancements et la distribution.
- Pour les salariés : une période d'ajustement où les priorités commerciales et budgétaires devraient être réévaluées afin de préserver la rentabilité.
- Pour les distributeurs et détaillants : une attention sur les assortiments et les promotions, surtout en Europe où la baisse est la plus marquée.
- Pour les investisseurs : une visibilité réduite sur la seconde partie de l'année malgré des signaux positifs en Asie, d'où la prudence sur les perspectives 2026.
"Dans un contexte qui n'a jamais été aussi compliqué, nous avons réalisé une performance solide au premier semestre... la persistance des tensions géopolitiques, économiques et monétaires masque cette performance et limite notre visibilité"
Cap sur 2027–2028 : les lancements comme levier de reprise
Malgré la conjoncture, la direction se montre confiante pour 2027 et 2028, en s'appuyant sur un plan de lancements conséquent — une vingtaine d'initiatives jugées importantes par le groupe — et sur l'accueil favorable de ses distributeurs. Ces nouveautés constituent le principal levier de relance organique pour restaurer croissance et marges, mais leur succès dépendra de la reprise durable des voyages internationaux et d'une demande stabilisée sur les marchés clés.
Interparfums publiera ses comptes semestriels détaillés le 9 septembre, date à laquelle seront disponibles des éléments plus fins sur la dynamique par marque, l'évolution des coûts et les mesures opérationnelles envisagées pour rétablir la profitabilité.