Un semestre dopé par une opération majeure à Sophia‑Antipolis
Le recensement préalable au prochain baromètre régional, attendu le 2 septembre, fait apparaître que les levées de fonds dans les Alpes‑Maritimes ont atteint environ 84 M€ au premier semestre 2026. Ce total provisoire s'impose comme un net changement d'échelle par rapport aux 36 M€ collectés sur la même période en 2025.
Ce basculement est largement concentré sur une opération : Median Technologies, basée à Sophia‑Antipolis, a finalisé le 3 juin une augmentation de capital de 50 M€. Initialement lancée à 40 M€ avec une clause d'extension, l'opération a finalement été portée « à son terme optimal », portant la visibilité financière du groupe jusqu'au premier semestre 2028. Median, spécialisée dans l'intelligence artificielle appliquée à l'imagerie médicale, accélère la commercialisation de son dispositif eyonis LCS aux États‑Unis et en Europe.
MYCOPHYTO et Firecell complètent le podium
Après Median, deux autres tours expliquent l'essentiel du total identifié. MYCOPHYTO, agritech basée à Grasse, a annoncé le 12 janvier une Série A de 16 M€ destinée à financer la création de sa première usine de production et son développement à l'international. L'entreprise développe des biostimulants à base de champignons mycorhiziens pour améliorer les cultures et régénérer les sols.
À Nice, Firecell a levé 7,9 M€ en parallèle de sa fusion avec la belge Accelleran. Ce financement accompagne le déploiement de son offre de réseaux privés 5G pour sites industriels, ports et infrastructures critiques. Ensemble, ces trois opérations — Median, MYCOPHYTO et Firecell — représentent près de 74 M€, soit environ 88 % des montants provisoirement identifiés.
Des niches technologiques actives
Au‑delà des gros tours, le semestre livre quelques signaux sur les segments en croissance dans l'écosystème sophipolitain et azuréen. AI Verse a levé 5 M€ pour accélérer le développement de ses données synthétiques destinées à l'entraînement des systèmes de vision par ordinateur. D'autres startups issues de la recherche locale sont mentionnées dans le recensement, dont une entité nommée Evolutive Agronomy (EVA) décrite comme un spin‑off, mais le compte rendu source s'interrompt avant de préciser son projet et son montant éventuel.
- Montant total provisoire : ~84 M€ (S1 2026) vs 36 M€ (S1 2025).
- Opérations identifiées : au moins 7 entre janvier et juin 2026.
- Concentration : 3 entreprises représentent ~88 % des financements recensés.
Ce que signifie ce semestre pour l'écosystème
Plusieurs enseignements se dégagent. D'abord, la présence d'une opération « méga‑tour » (Median) illustre la sensibilité des statistiques régionales à quelques levées importantes : un seul ticket peut doubler ou tripler un total départemental provisoire. Ensuite, les secteurs représentés — medtech/IA, agritech, réseaux 5G industriels — montrent une diversification des projets financés, mêlant deeptech et solutions d'infrastructure industrielle.
Enfin, la trajectoire de Median, qui lie capital et horizon de financement jusqu'en 2028, rappelle que les levées servent autant à couvrir des étapes de commercialisation internationales que des besoins de R&D. Pour les autres acteurs locaux, la question sera désormais d'accélérer la conversion de ces ressources en clients et en déploiements, afin d'éviter la volatilité des totaux annuels causée par quelques gros tickets.
| Entreprise | Montant | Objectif / contexte |
|---|---|---|
| Median Technologies | 50 M€ | Commercialisation d'eyonis LCS aux US et en Europe ; financement jusqu'au S1 2028 |
| MYCOPHYTO | 16 M€ | Création d'une usine de production et développement international |
| Firecell | 7,9 M€ | Fusion avec Accelleran ; développement d'offres 5G privées |
| AI Verse | 5 M€ | Données synthétiques pour vision par ordinateur |
Le baromètre régional final publié début septembre permettra d'affiner ces chiffres et de confirmer l'étendue des opérations recensées sur l'ensemble de l'exercice. En attendant, la leçon du premier semestre 2026 est claire : quelques levées structurantes suffisent à remodeler la photographie financière d'un territoire, mais la durabilité de cette dynamique dépendra de la capacité des startups à transformer les capitaux en croissance rentable.