Un ajustement légal pour compenser les années « creuses »
Deux décrets signés le 29 juillet 2026 et parus au Journal officiel le 31 juillet changent la façon dont la retraite de base est calculée pour de nombreuses mères. Jusqu'à présent, le calcul de cette pension retenait les 25 années ayant donné les meilleurs revenus pour établir la moyenne. Désormais, pour les femmes ayant eu un enfant, on retiendra 24 années ; pour celles ayant eu au moins deux enfants, 23 années seront prises en compte.
Ce réajustement vise à neutraliser l'effet d'une ou deux années de salaire nettement plus faibles — congé maternité prolongé, temps partiel ou interruption d'emploi — qui abaissaient durablement la moyenne et, par conséquent, la pension mensuelle.
Comment se calcule la pension de base et quel gain attendre
La méthode reste la même : on fait la moyenne des années retenues, on applique ensuite le taux de liquidation correspondant à la carrière (ici l'exemple retenu utilise 50 %) et l'on ajuste enfin selon le nombre de trimestres validés. Concrètement, si la moyenne des revenus retenus est de 24 000 €, avec un taux de 50 % et tous les trimestres validés, la retraite de base sera de 1 000 € brut par mois.
| Paramètre | Avant décret | Après décret (1 enfant) | Après décret (≥2 enfants) |
|---|---|---|---|
| Années retenues | 25 | 24 | 23 |
| Exemple : moyenne | 24 000 € | ||
| Taux appliqué | 50 % | ||
| Pension mensuelle (ex.) | 1 000 € brut | ||
Qui bénéficiera réellement de la mesure ?
Le gain varie fortement selon le profil : il sera minime pour les carrières à revenus réguliers et notable lorsque existe une vraie « année blanche » ou très basse qui tirait la moyenne vers le bas. Le ministère du Travail évalue que cette modification devrait permettre à plus de la moitié des femmes concernées d'obtenir une pension plus élevée.
Limites et points à suivre
- Les effets dépendent du relevé individuel de carrière : l'impact est absent si aucune année isolée n'est significativement plus faible.
- Les règles techniques d'application (délais, démarches éventuelles, prise en compte des années déjà liquidées) devront être précisées par les textes d'application et les services gestionnaires.
- Certains titres annonçaient des obligations administratives « avant le 1er septembre » ; l'extrait consulté ne détaille pas quelles démarches sont requises ni si un délai court s'applique aux assurées.
Sur le fond, la réforme corrige une inégalité structurelle : la méthode antérieure pénalisait les carrières interrompues par la parentalité en intégrant les années les moins rémunératrices dans la moyenne finale. En réduisant le nombre d'années retenues, l'objectif est d'atténuer cet effet et d'améliorer le niveau de pension des mères de famille.
Reste à observer la mise en œuvre opérationnelle par les caisses de retraite et les précisions que les futurs textes ou communications ministérielles pourront apporter sur l'entrée en application et les démarches éventuelles pour les allocataires.