Une hausse structurelle des prix soutenue par des facteurs multiples
Le marché immobilier vietnamien continue d'enregistrer une dynamique haussière notable. Entre 2019 et 2024, les prix ont progressé de 59%, selon le Dr Cấn Văn Lực, membre du Conseil consultatif national de politique financière et monétaire. Les prévisions pour 2025 tablent sur une augmentation comprise entre 10 et 30%. L'évolution n'est plus circonscrite aux grandes métropoles : la hausse gagne désormais de nombreuses localités, portée par des changements institutionnels et des chantiers d'infrastructure.
Des leviers politiques pour débloquer l'offre
L'un des moteurs mis en avant est l'amélioration du cadre réglementaire. De nouvelles lois, résolutions et décrets ont été adoptés pour lever des verrous liés à la foncière, à l'investissement et aux opérations immobilières. Le gouvernement s'emploie par ailleurs à traiter plus de 3 300 projets en suspens, ce qui doit, à terme, augmenter l'offre et assouplir les tensions sur les prix. Mais ce mouvement d'assainissement institutionnel agit simultanément comme un signal positif pour les investisseurs, renforçant la demande.
Infrastructure : le catalyseur local des hausses
Sur le terrain, ce n'est plus tant la proximité d'un centre existant qui fait bondir les valeurs que la visibilité sur de futurs équipements structurants. Des exemples récents confirment ce mécanisme : l'élargissement d'une nationale à Thường Tín (Hanoï) et l'avancement d'un pont et d'une ligne de métro à Đông Anh ont entraîné des hausses de prix locales très marquées.
| Localité | Évolution observée | Facteur principal |
|---|---|---|
| Thường Tín (Hanoï) | +23% | Avancement de l'élargissement de la route nationale 1A |
| Đông Anh | +22% | Déploiement du pont Tứ Liên et lancement de la ligne de métro n°10 |
Une prime à l'infrastructure dans les décisions d'achat
Une enquête de Batdongsan.com.vn montre que 91% des acheteurs seraient prêts à verser entre 5 et 15%, voire plus, pour disposer d'un bien proche d'un projet d'infrastructure majeur. Concrètement, cela transforme les chantiers en leviers de valorisation : pour un logement de 100 000 €, une prime de 5 à 15 % se traduit par une majoration mensuelle substantielle pour l'acquéreur ou le locataire.
- Offre débloquée : traitement de 3 300 projets en suspens, visée d'augmentation de l'offre.
- Demande structurée : les futurs équipements deviennent un critère d'achat prioritaire.
- Inégalités régionales : les hausses varient fortement selon les bénéfices attendus de la planification et des infrastructures.
Conséquences pour les acteurs
Pour les acheteurs, la prime attachée à la proximité d'infrastructures clés signifie qu'il faudra désormais chiffrer précisément l'effet attendu d'un projet sur la valeur et le service rendu (temps de trajet, accès aux services, perspectives de revente). Pour les promoteurs et les collectivités, l'amélioration du cadre légal offre une fenêtre d'opportunité : accélérer les projets débloqués peut simultanément augmenter l'offre et entretenir la dynamique de valorisation. Enfin, pour les observateurs du marché, la diffusion de la hausse hors des seules grandes villes souligne le rôle central des politiques d'aménagement et de mobilité dans la formation des prix.
Au-delà des chiffres, l'enjeu est clair : l'infrastructure n'est plus un argument accessoire, elle structure désormais la valeur immobilière et influe directement sur les décisions d'achat et d'investissement.