Marchés : reprise technique des indices tirée par les puces, sous l'ombre d'un regain de risque géopolitique
Les contrats à terme sur le S&P 500 et le Nasdaq ont enregistré une progression jeudi, portée principalement par le rebond des valeurs du secteur des semi-conducteurs. Ce soutien sectoriel est intervenu malgré une aggravation des tensions entre les États-Unis et l'Iran, qui rappelle que le contexte géopolitique peut rapidement transformer des mouvements boursiers en épisodes de forte volatilité.
Sur le front diplomatique, l'armée américaine a annoncé de nouvelles frappes visant l'Iran dans l'objectif déclaré de maintenir le détroit d'Ormuz ouvert à la navigation. En réaction, l'Iran a mené des attaques visant le Koweït et Bahreïn, élargissant ainsi le champ d'affrontement et fragilisant les espoirs d'un cessez-le-feu durable. Quelques heures plus tôt, le président américain avait estimé que le cessez-le-feu intérimaire était « terminé », contribuant à la nervosité des investisseurs.
« Le chemin vers un accord de paix durable sera probablement semé d'embûches, avec des regains de tension périodiques susceptibles de déclencher des épisodes de volatilité sur les marchés. Cependant, nous pensons également que les deux parties ont intérêt à maintenir le détroit d'Ormuz ouvert », a déclaré Mark Haefele, directeur des investissements chez UBS Global Wealth Management.
La confrontation a eu un impact immédiat sur les prix de l'énergie : les contrats à terme sur le pétrole ont fait preuve de forte volatilité, revenant en séance et progressant de près de 1 % après un début de séance en repli. Les prix avaient d'ailleurs atteint mercredi leur plus haut niveau en deux semaines à la suite des déclarations présidentielles, illustrant la sensibilité des marchés pétroliers aux évolutions sécuritaires dans la région du Golfe.
Mouvements sectoriels et valeurs à suivre
Sur un plan sectoriel, le secteur des semi-conducteurs a joué le rôle de moteur : l'ETF iShares Semiconductor a progressé de 2,4 %, soutenant les contrats à terme des indices. À l'inverse, des valeurs technologiques liées aux services et logiciels ont pesé sur certaines composantes de l'indice.
- IBM : -3,8 % en préouverture
- Microsoft : -1,5 % en préouverture
- ServiceNow : -3,8 %
- Adobe : -3,0 %
- Meta Platforms : -1,2 % (après un rapport faisant état d'un projet de puce IA interne)
Les reculs d'IBM et de Microsoft ont été mis en avant en pré-marché, des informations faisant état d'un recours de Starbucks à l'intelligence artificielle pour réduire sa dépendance à ces fournisseurs pesant sur ces titres et, par ricochet, sur les contrats à terme du Dow Jones. Parallèlement, la perspective d'une puce dédiée à l'intelligence artificielle chez Meta a tempéré la dynamique du titre, malgré l'intérêt stratégique affiché pour l'internalisation des capacités matérielles.
Implications pour les investisseurs et perspectives
La configuration actuelle illustre un double message pour les investisseurs : d'une part, des segments porteurs comme les semi-conducteurs peuvent soutenir des rebonds d'indices même dans des phases d'incertitude; d'autre part, la géopolitique reste un facteur potentiellement amplificateur de volatilité, notamment via le canal des matières premières énergétiques.
Il convient de rappeler que les mouvements observés en séance sont souvent influencés par des nouvelles d'importance stratégique et que la situation peut évoluer rapidement. La performance passée n'est pas un indicateur fiable des performances futures ; la persistance d'une instabilité régionale autour d'Ormuz pourrait maintenir des oscillations sensibles des prix du pétrole et peser sur certains segments cycliques des indices.
| Instrument / Valeur | Mouvement cité |
|---|---|
| iShares Semiconductor (ETF) | +2,4 % |
| Pétrole (contrats à terme) | +~1 % après repli |
| IBM | -3,8 % (pré-marché) |
| Microsoft | -1,5 % (pré-marché) |
| Meta Platforms | -1,2 % |
Pour les gérants et investisseurs individuels, la recommandation demeure la prudence : surveiller l'évolution des prix du pétrole, la trajectoire des nouvelles diplomatiques et les publications sectorielles susceptibles d'entraîner des rotations entre valeurs cycliques et valeurs de croissance. Les semi-conducteurs ont joué ce jour le rôle de facteur technique d'appui, mais rien n'assure qu'ils puissent, seuls, neutraliser des chocs géopolitiques plus profonds ou prolongés.
Enfin, la corrélation entre risques géopolitiques et marchés financiers confirme l'importance d'une allocation diversifiée et d'une vigilance accrue sur les indicateurs macro et les flux d'information autour des points de tension majeurs.