Revolut est pointée du doigt par les autorités de lutte contre la criminalité financière de Lituanie : selon le chef du service d'enquête sur les délits financiers (FNTT), l'établissement représente environ 80 % des signalements de suspicion reçus l'année dernière.
Des volumes qui déstabilisent la chaîne de contrôle
Le FNTT explique qu'environ 100 000 signalements ont été transmis par les institutions financières au cours de la dernière année, et que Revolut en constitue la majeure partie — soit près de 80 000 dossiers. Ce constat n'est pas présenté comme la preuve d'une fraude systémique plus élevée chez ses clients, mais comme l'effet d'une stratégie d'automatisation poussée des dispositifs de conformité par la fintech.
« Revolut investit beaucoup dans l'automatisation et l'informatique, c'est un robot qui envoie ces 80.000 signalements, il établit un profil et il signale dès qu'il constate le moindre risque », a précisé Rolandas Kiskis.
Automatisation vs saturation des autorités
Le propos souligne une tension claire : l'usage massif de systèmes automatiques de détection augmente le nombre de notifications, mais pose la question de la qualité et de la pertinence des alertes. Pour les régulateurs et enquêteurs, un afflux disproportionné peut réduire l'efficacité opérationnelle en mobilisant des ressources sur des dossiers à faible valeur investigative.
- 100 000 : signalements reçus par les autorités lituaniennes l'an dernier.
- 80 % : part attribuée à Revolut dans ces signalements (soit ~80 000 cas).
- FNTT : service qui a communiqué ces chiffres et analysé l'origine de cette hausse.
Conséquences réglementaires et économiques
Pour les superviseurs européens, ce cas illustre un défi plus large : comment agréger et prioriser des flux massifs de données issues d'outils automatisés sans noyer les enquêteurs ? La question est également politique, car elle touche à l'équilibre entre innovation technologique et capacité des États à assurer la sécurité du système financier.
Enfin, pour les acteurs du secteur, la normalisation de rapports automatisés pourrait conduire à des demandes accrues de standardisation des formats, d'outils partagés de triage ou d'indicateurs de qualité des signalements. À défaut, les autorités locales risquent de voir leur efficacité diminuer à mesure que les volumes augmentent.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Signalements annuels reçus | 100 000 |
| Part attribuée à Revolut | 80 % (~80 000) |
Le chiffre avancé par le FNTT invite à surveiller l'évolution des pratiques de conformité des néobanques et la réponse des régulateurs européens : adaptation des processus, renforcement des outils d'analyse ou coordination renforcée entre pays d'implantation et d'opération. Les enjeux sont autant opérationnels que politiques pour la régulation de la fintech.