Revolut a officialisé la nomination de Kuba Fast au poste de directeur général de Revolut Bank UAB, son entité bancaire basée en Lituanie, décision validée par la BCE et la Banque de Lituanie. Ce mouvement stratégique intervient alors que la néobanque intensifie son développement sur le continent européen et prépare un renforcement réglementaire en France.
Un profil international pour piloter l'essor européen
Originaire de Pologne, Kuba Fast apporte une expérience construite au sein de grands groupes bancaires, dont JPMorgan Chase où il a participé au lancement d'activités internationales de banque de détail et dirigé la banque numérique Chase UK. Revolut met en avant sa « solide expertise » dans la banque de détail et le numérique pour justifier ce choix.
Ambitions chiffrées et effet France
La nomination intervient alors que Revolut revendique 75 millions de clients dans le monde et 55 millions dans l'Union européenne. En France, la néobanque annonce avoir atteint 8 millions de clients, avec un gain récent d'un demi-million au deuxième trimestre 2026 et un objectif porté à 10 millions d'ici 2027.
- Objectif principal : accélérer la croissance dans l'Espace économique européen (EEE).
- Validation réglementaire : nomination approuvée par la BCE et la Banque de Lituanie.
- Projet France : création d'un second établissement bancaire européen et installation d'un siège pour l'Europe de l'Ouest à Paris en 2027, avec dépôt d'une demande d'agrément auprès de l'ACPR.
« Accélérer la croissance de Revolut dans l'EEE »
Conséquences pour le marché et les clients
La désignation d'un dirigeant expérimenté à la tête de l'entité lituanienne consolide l'approche de Revolut : combiner une assise réglementaire européenne (via la licence lituanienne) et un renforcement local pour capter davantage de parts de marché. Le projet d'un hub à Paris et la démarche d'agrément auprès de l'ACPR traduisent une volonté d'ancrage plus profond dans l'Union et, spécifiquement, de rassurer les clients et partenaires français sur la pérennité des services.
Pour les consommateurs, plusieurs enjeux concrets se dégagent :
- Une structure réglementaire renforcée pourrait signifier une meilleure couverture et des garanties accrues du point de vue prudentiel, si l'agrément français est obtenu.
- L'implantation d'un hub en France pourrait accélérer le développement de produits, adapter l'offre aux spécificités locales et faciliter les relations avec les autorités nationales.
- La croissance annoncée implique une mise à l'échelle des opérations techniques et du service client, qui devra suivre pour maintenir la qualité pour les millions d'utilisateurs actuels.
| Indicateur | Chiffre fourni |
|---|---|
| Clients mondiaux | 75 millions |
| Clients dans l'UE | 55 millions |
| Clients en France | 8 millions (objectif 10 millions en 2027) |
Positionnement réglementaire et risques
Revolut opère aujourd'hui sur un modèle bicéphale : une licence bancaire en Lituanie et, potentiellement, une seconde entité agréée en France. Ce double ancrage vise à concilier accès au marché européen via la passeportisation et renforcement de la légitimité locale. Mais obtenir un agrément auprès de l'ACPR n'est pas automatique : cela suppose une conformité stricte aux exigences prudentielles et opérationnelles françaises, ainsi qu'une supervision rapprochée qui pourrait imposer des ajustements de gouvernance et de contrôle interne.
À court terme, la nomination de Kuba Fast est un signal fort d'ambition et de maturation pour Revolut. À moyen terme, tout dépendra du calendrier et des modalités du dépôt d'agrément en France, ainsi que de la capacité de la néobanque à industrialiser ses services sans dégrader l'expérience client.
Mathieu Perrin
Renseignement Économique — Banque & Assurance