Un système d’assurance chômage qui met l’accent sur le retour à l’emploi
Après 17 ans de mise en œuvre, la politique d’assurance chômage vietnamienne se présente moins comme un filet de sécurité financier que comme un dispositif d’accompagnement visant à réinsérer rapidement les personnes privées d’emploi sur le marché du travail. C’est le message central qu’a porté ce matin un séminaire organisé par le journal NTNN/Dan Viet, auquel ont participé des responsables de l’administration de l’emploi et des bénéficiaires.
Selon les données communiquées par le ministère de l’Emploi, environ 2,2 millions de personnes perçoivent chaque année des allocations de chômage. Parmi elles, près de 10 % reçoivent également un accompagnement actif sous forme de services de conseil et de placement — orientation professionnelle, formation et mise en relation avec les entreprises.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Bénéficiaires annuels d’allocations | ~2,2 millions |
| Part bénéficiant de conseil/placement | ~10% |
Les intervenants ont rappelé que ces prestations d’orientation sont encadrées par la loi de 2006 sur l’assurance sociale et restent accessibles gratuitement aux travailleurs en difficulté, sans limitation du nombre d’utilisations. Pour les pouvoirs publics, l’objectif est clair : réduire la durée de chômage en améliorant l’employabilité et la mise en relation avec les employeurs.
« L’aspect le plus important d’une politique d’assurance chômage n’est pas le versement d’allocations, mais l’aide apportée aux travailleurs pour qu’ils retrouvent un emploi le plus rapidement possible. »
Cette formule, prononcée par le chef du département de l’assurance chômage de l’Agence pour l’emploi, résume le glissement de perspective opéré par l’administration : les allocations constituent un volet de la politique, mais la priorité affichée est l’accompagnement actif. Concrètement, cela passe par :
- des services de conseil et d’orientation professionnelle gratuits ;
- des actions de placement et de mise en relation avec les entreprises ;
- des dispositifs de formation professionnelle pour renforcer les compétences des demandeurs d’emploi.
Pour les salariés et demandeurs d’emploi, ce positionnement signifie un accès potentiellement plus soutenu à des parcours de réinsertion, mais aussi la nécessité d’intégrer ces offres d’accompagnement pour réduire la période sans activité. Pour les employeurs, c’est une source de candidats mieux orientés et, en théorie, moins de frictions dans le recrutement.
Reste à évaluer l’efficacité réelle de ces mesures sur les trajectoires individuelles : la part de bénéficiaires des services de conseil reste encore limitée (environ 10 % des allocataires), ce qui pose la question de l’échelle et de l’intensité des dispositifs. L’enjeu pour l’administration sera d’étendre ces prestations et d’en mesurer l’impact sur le taux de retour à l’emploi, la qualité des postes retrouvés et la durée des périodes indemnisées.
Le séminaire a aussi donné la parole à une bénéficiaire d’allocations, signe que les responsables souhaitent mettre en avant des retours d’expérience concrets pour ajuster les services proposés. À terme, la réussite de cette approche dépendra autant des moyens consacrés que de la capacité des services publics à coordonner formation, orientation et besoins réels des entreprises.