Un redressement court mais tangible en 2025
Après une année 2024 marquée par une forte atonie, l'économie de La Réunion a enregistré en 2025 une croissance mesurée, à +1,1 % de PIB. Ce léger rebond, qui surpasse même la moyenne nationale sur la période, s'explique principalement par la montée des dépenses publiques et un regain de la consommation des ménages, soutenue par une amélioration des revenus du travail et des prestations sociales.
Le rôle décisif du soutien public
Le redressement observé n'a pas été tiré par le secteur privé seul. Les administrations centrales et territoriales ont accru leurs dépenses, participant à la relance de l'activité. La baisse sensible de l'inflation et une détente relative des taux d'intérêt ont aussi facilité la reprise, après une année écourtée par des chocs climatiques et sanitaires au début de 2025.
Des signes de fragilité au début de 2026
Pourtant, le début de 2026 a montré que la dynamique reste précaire. Une hausse des coûts de l'énergie pèse sur les entreprises et sur le pouvoir d'achat. Selon les analyses locales, les entreprises ont vu leurs coûts de production augmenter de l'ordre de 10 %, un surcoût qui se répercute progressivement sur les prix à la consommation.
« les entreprises font face à une augmentation de leurs coûts de production d'environ 10 % »
Cette poussée des coûts intervient alors que la structure productive de l'île est vulnérable : l'emploi salarié tient encore globalement, mais plusieurs secteurs clés montrent des tensions.
- Taux de chômage : remontée à 18 % début 2026 ;
- Secteurs impactés : construction et services aux entreprises affichent des baisses d'effectifs ;
- Pression prix : l'inflation énergétique freine le pouvoir d'achat et la marge des entreprises.
Conséquences pour les salariés et les employeurs
Pour les salariés et les demandeurs d'emploi, la remontée du chômage signifie un marché du travail plus contraint : davantage de concurrence pour les postes disponibles, risque d'allongement des durées d'indemnisation, et une fragilité accrue des parcours professionnels, notamment dans la construction où les cycles sont sensibles aux chocs conjoncturels. Pour les employeurs, la hausse des coûts de production pèse sur la rentabilité et limite la capacité d'embauche, surtout pour les PME qui ne peuvent pas facilement répercuter les coûts sur les prix.
Quelles perspectives pour les politiques publiques ?
Le rebond de 2025 montre que des mesures publiques peuvent soutenir l'activité à court terme. Mais la remontée du chômage et la hausse des coûts énergétiques posent la question de la soutenabilité d'un modèle dépendant d'un fort soutien budgétaire. Les autorités locales et nationales devront donc peser entre mesures d'accompagnement ciblées (aide aux entreprises en difficulté, formations, dispositifs d'insertion) et politiques structurelles pour améliorer la résilience productive de l'île.
En l'état, l'économie réunionnaise est dans une phase d'équilibre précaire : les chiffres de 2025 offrent un socle, mais le marché du travail montre déjà que la reprise peut s'effilocher face aux chocs de 2026.