Conflit politique autour de la distribution : la FIVAPE remporte une manche
La Fédération interprofessionnelle de la vape (FIVAPE) a intensifié ses démarches auprès des décideurs pour contrer des amendements déposés dans le cadre de la loi dite RIPOST, qui visaient à encadrer plus strictement la distribution des produits de vapotage. Après plusieurs rendez‑vous avec des parlementaires et des responsables gouvernementaux, les mesures contestées ont été déclarées irrecevables et rejetées au motif de cavaliers législatifs (article 98 du Règlement).
La Fédération avait dénoncé l’utilisation de RIPOST comme véhicule pour des dispositions sans lien direct avec le texte. Le dossier rappelle une séquence similaire lors de l’examen de la loi de finances 2026 (article 23), où des inquiétudes avaient déjà été exprimées sur des risques de concentration et d’agréments discrétionnaires menaçant les boutiques spécialisées.
Quel encadrement défend la filière ?
Pour se prémunir contre ce type de dérives, la FIVAPE a défendu une position claire auprès des pouvoirs publics : un encadrement des points de vente piloté par le ministère de la Santé, avec une distribution réservée aux acteurs spécialisés et aux bureaux de tabac, et l’exclusion des canaux non spécialisés.
- Point central : vente réservée aux boutiques spécialisées (physiques et en ligne) et aux bureaux de tabac.
- Interdiction demandée : épiceries, bazars, grande distribution, e‑commerce non spécialisé.
- Objectif affiché : protéger l’expertise et l’indépendance de la filière vis‑à‑vis de l’industrie du tabac et promouvoir une vape destinée à l’arrêt du tabac.
Conséquences commerciales et politiques
Le retrait des amendements réduit pour l’instant la pression réglementaire, mais la FIVAPE elle‑même souligne que le risque n’est que différé : ces sujets « reviendront » dans la préparation de la loi de finances 2027. Sur le plan marketing et commercial, un encadrement strict de la distribution modifierait profondément les canaux d’acquisition et la visibilité des marques, en concentrant l’offre sur des points de vente jugés « experts ».
| Canal | Position défendue par la FIVAPE |
|---|---|
| Boutiques spécialisées (physiques & internet) | Autorisé |
| Bureaux de tabac | Autorisé |
| Épiceries / bazars / grande distribution | Interdit |
| E‑commerce non spécialisé | Interdit |
Enjeux pour les acteurs du marché
Pour les professionnels du marketing et de la distribution, l’enjeu est double : garantir l’accès des consommateurs à des produits encadrés tout en préservant des modèles commerciaux reposant sur des réseaux spécialisés. Une régulation resserrée pourrait favoriser une segmentation plus nette entre acteurs « experts » et distributeurs généralistes, avec des conséquences sur la stratégie d’implantation, la communication produit et les investissements en formation des vendeurs.
Enfin, la FIVAPE revendique une reconnaissance accrue de l’indépendance de la filière par rapport aux groupes du tabac et insiste sur la nécessité d’une vape encadrée destinée à l’arrêt du tabac, proposée par des expert·es. Si la victoire procédurale d’hier calme le jeu, elle ne met pas fin à la bataille réglementaire : la préparation de la prochaine loi de finances s’annonce comme le terrain où se rejoueront ces débats.