Unité arrêtée à Golfech pour préserver la Garonne
EDF a annoncé jeudi l'arrêt du réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne), située à environ 90 km de Toulouse, en raison de la canicule qui fait monter la température de la Garonne. L'opérateur précise que la température du fleuve devrait atteindre 28°C ce vendredi, seuil fixé par la réglementation pour les rejets après refroidissement.
«Les conditions climatiques de ces derniers jours ont entraîné une montée importante de la température de la Garonne qui devrait atteindre 28°C, ce vendredi»
La centrale de Golfech comprend deux réacteurs à eau pressurisée de 1,3 GW chacun. Le second réacteur de la centrale était déjà à l'arrêt pour travaux de maintenance, ce qui réduit à zéro la production sur ce site au moment où la demande peut être élevée en période de chaleur.
Contexte : une contrainte récurrente pour les centrales au fil des vagues de chaleur
EDF avait déjà interrompu le même réacteur le 23 juin afin de ne pas réchauffer davantage la Garonne, puis l'avait remis en service le 3 juillet. Lors du précédent épisode caniculaire fin juin, l'opérateur avait dû aussi arrêter des réacteurs au Bugey (sur le Rhône) et à Nogent-sur-Seine (sur la Seine) pour respecter les limites d'échauffement des cours d'eau concernés.
Conséquences pour l'équilibre électrique et les consommateurs
- Une centrale de deux réacteurs à l'arrêt représente une perte de production pouvant atteindre 2 x 1,3 GW si les deux unités sont indisponibles.
- Les coupures ou restrictions de production pendant les pics de consommation augmentent la pression sur les autres moyens de production et sur les importations.
- À court terme, cela peut faire hausser les prix sur les marchés de gros et, indirectement, peser sur la facture des consommateurs si l'épisode se prolonge.
Données opérationnelles
| Site | Statut | Puissance unitaire | Raison |
|---|---|---|---|
| Golfech - réacteur n°2 | Arrêté | 1,3 GW | Canicule / température de la Garonne |
| Golfech - autre réacteur | Arrêté | 1,3 GW | Maintenance |
Ces arrêts soulignent la vulnérabilité des centrales utilisant les eaux fluviales pour le refroidissement face aux vagues de chaleur, un enjeu qui se répète depuis plusieurs années avec l'aggravation des épisodes climatiques. Pour les gestionnaires du réseau et les autorités, cela pose la question de l'adaptation des règles d'exploitation, de la diversification des moyens de production et des stratégies de gestion de la demande en période critique.
Sur le plan réglementaire, l'arrêt s'inscrit dans l'application d'un arrêté de 2006 qui fixe des limites de température post-rejets afin de protéger les milieux aquatiques. Pour les consommateurs et les marchés, la perte ponctuelle de plusieurs centaines de mégawatts peut se traduire par des pics de prix et une moindre marge de sécurité électrique, surtout si plusieurs sites exposés subissent des contraintes simultanées.