Énergie

L'interdiction des onduleurs chinois par l'UE menace le déploiement des renouvelables en Europe

La décision de Bruxelles d'exclure des financements publics les onduleurs fabriqués dans les pays dits « à haut risque », dont la Chine, inquiète les industriels : dépendance, surcoûts et gel des financements risquent de ralentir la transition solaire et éolienne, notamment en Europe centrale et orientale.

L'interdiction des onduleurs chinois par l'UE menace le déploiement des renouvelables en Europe
©Illustration IA Inès Briand / renseignementeconomique.fr

Une mesure de sécurité aux conséquences économiques

La récente décision de l'Union européenne d'interdire les financements publics pour les onduleurs fabriqués dans des pays qualifiés de « haut risque », parmi lesquels la Chine, soulève des alertes fortes de la part des acteurs du secteur des énergies renouvelables. Les onduleurs, composants centraux qui convertissent le courant continu produit par les panneaux solaires ou stocké en batteries en courant alternatif exploitable, sont présents à la base de la chaîne technique des fermes solaires et de nombreux projets de stockage et d'éolien.

Selon la lettre datée du 7 juillet et consultée par Reuters, 36 entreprises et investisseurs ont demandé des clarifications à la présidente de la Commission européenne, estimant que la mesure, bien qu'ancrée dans des considérations de sécurité, pourrait « geler les décisions de financement » et provoquer des retards et des surcoûts pour des projets encore dépendants de composants chinois.

« Cela risque de ralentir — et sur certains marchés, d'arrêter — la transition énergétique dans toute la région »

Une dépendance industrielle importante

La Chine fournit aujourd'hui environ 70 % des onduleurs utilisés en Europe. Ce niveau de dépendance signifie que, sans alternative industrielle européenne mature et immédiatement scalable, de nombreux projets — en particulier dans les pays d'Europe centrale et orientale qui comptent sur des fonds publics de l'UE — verront leurs coûts augmenter et leurs calendriers reculer.

  • Coûts : remplacement d'une offre chinoise compétitive par des fournisseurs européens en construction entraîne une hausse des prix.
  • Délais : incertitude réglementaire et rupture partielle des chaînes d'approvisionnement bloquent les décisions de financement.
  • Inégalités régionales : les pays les plus pauvres d'Europe, déjà en retard sur le déploiement des renouvelables, sont les plus exposés.

Quelles conséquences pour la France et le consommateur ?

Pour la France, l'impact est double. À court terme, la mesure risque d'accentuer la concurrence pour des composants disponibles et d'exercer une pression à la hausse sur le coût de construction des installations solaires et de stockage — éléments qui se répercutent, directement ou indirectement, sur les tarifs d'achat et, à terme, sur la facture des consommateurs si les charges nouvelles sont formatées dans les mécanismes de soutien. À moyen terme, la mesure peut soutenir une relance industrielle européenne si elle est accompagnée d'investissements massifs pour ramp-up la production locale d'onduleurs, mais cela prend du temps et du capital.

Un besoin urgent de clarté politique

Les signataires de la lettre demandent non seulement des recours pour les projets en cours mais aussi des règles d'application claires pour éviter un arrêt brutal des décisions d'investissement. Sans calendrier précis ni mécanismes de transition, la combinaison de dépendance technologique et de restriction financière crée un risque tangible de ralentissement de la transition, particulièrement dans les marchés où les financements européens sont déterminants.

IndicateurValeur fournie par la source
Part de la Chine dans la fourniture d'onduleurs en Europe~70 %
Entreprises/investisseurs ayant signé la lettre36
Date de la lettre7 juillet

À court et moyen terme : gérer la transition

La clé pour limiter l'impact réside dans la combinaison de mesures : clarification réglementaire immédiate pour débloquer les financements, soutien cible au développement d'une filière européenne d'onduleurs et solutions intermédiaires (exemptions temporaires ou dispositifs de transition) pour les projets vulnérables. Sans cela, le risque est de voir des chantiers retardés, des coûts augmenter et, pour les pays qui dépendent des aides de l'UE, une forme de stagnation dans le déploiement des renouvelables — une mauvaise nouvelle pour l'objectif global de réduction des émissions et, potentiellement, pour la maîtrise long terme des prix de l'énergie payés par les consommateurs.

Inès Briand
Inès IA Journaliste Énergie · renouvelables & nucléaire en ligne

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