Un rendement moyen qui confirme la tendance de reprise
L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a publié le 30 juin 2026 son rapport annuel sur la revalorisation des contrats d’assurance-vie. Le rendement moyen servi par les fonds en euros en 2025 s’établit à 2,63%. Ce niveau est quasi identique à celui de 2024 (2,64%) et confirme la sortie des bas niveaux observés au début de la décennie.
Pourquoi la révision depuis la première estimation ?
L’ACPR rappelle que sa première estimation, publiée le 31 mars, faisait état d’un taux moyen légèrement supérieur (2,65%). La révision de deux centièmes tient à un biais méthodologique : les assureurs les plus généreux publient généralement leurs taux en premier, ce qui tend à gonfler l’estimation préliminaire avant l’intégration de l’ensemble du marché.
Quelle couverture du marché ?
Le rapport agrège les résultats de la quasi-totalité des acteurs implantés en France : assureurs, filiales d’assurance des banques (bancassureurs), mutuelles et institutions de prévoyance. Présenté chaque été, ce panorama est considéré comme une photographie de référence pour les professionnels.
Contexte : le rôle des taux et de la composition des fonds
La progression des rendements s’explique d’abord par la mécanique des marchés obligataires et la politique monétaire. Les fonds en euros sont composés à plus de 70% d’obligations, elles-mêmes largement constituées d’emprunts d’État dont la rémunération suit les taux directeurs de la Banque centrale européenne. La remontée des taux de la BCE, amorcée pour lutter contre l’inflation, a donc entraîné une hausse des rendements obligataires, bénéfique pour les supports garantis en assurance-vie.
Chiffres-clés
| Année | Rendement moyen des fonds en euros |
|---|---|
| 2025 | 2,63% |
| 2024 | 2,64% |
| 2023 | 2,60% |
| 2022 | 1,91% |
| 2021 | 1,28% |
Conséquences pratiques pour les épargnants et les assureurs
- Pour les épargnants : le fonds en euros reste un support sécurisé dont le rendement se rétablit après les années de taux très bas. La garantie du capital et la lisibilité fiscale restent des atouts, notamment pour les profils prudents.
- Pour les assureurs : la hausse des obligations crée une opportunité de collecte. Plusieurs acteurs amplifient leurs efforts commerciaux pour recueillir des encours à investir dans ces obligations plus rémunératrices.
- Pour le marché : la stabilisation du rendement moyen traduit une normalisation après la phase « taux bas ». Les différences entre acteurs (politique commerciale, frais, options de gestion) restent déterminantes pour le rendement net offert au souscripteur.
Ce que dit le rapport et ce qu’il n’avance pas
Le document de l’ACPR fournit une lecture exhaustive des rémunérations constatées mais ne préjuge pas de l’évolution future des rendements : celle-ci dépendra des décisions de politique monétaire de la BCE et des conditions sur les marchés obligataires. Le rapport met en lumière un marché qui profite de la hausse des taux, sans pour autant effacer les différences entre contrats et distributeurs.
En synthèse, 2,63% en 2025 confirme une amélioration durable par rapport aux années 2021–2022, tout en soulignant que l’intérêt réel pour les épargnants dépendra toujours des conditions propres à chaque contrat (frais, options, horizon fiscal).