Des « visites mystère » pour jauger le conseil bancaire
L’Autorité des marchés financiers (AMF) a publié les enseignements d’une nouvelle campagne de visites mystère réalisée entre septembre 2025 et février 2026. Objectif : observer in situ la qualité des pratiques de commercialisation dans les réseaux bancaires et vérifier l’application des obligations issues de la directive MIF 2 en matière de protection des investisseurs.
Constats : un questionnement en baisse, des frais peu abordés
Sur 145 visites effectuées auprès de 11 grandes banques de réseau, l’AMF relève que la qualité du questionnement des prospects est insuffisante et en retrait par rapport aux deux campagnes précédentes. De même, la présentation des frais reste trop rarement traitée avec la clarté attendue par la réglementation.
- Profil des visites : la plupart des scénarios mettaient en scène un prospect ne souhaitant pas ouvrir de compte ; d’autres simulations impliquaient une souscription réelle (compte‑titres et investissement).
- Deux profils joués : un épargnant prudent et un épargnant prêt à prendre des risques.
- Résultat général : des propositions commerciales plus variées, mais des insuffisances sur le conseil et la transparence des coûts.
Des pratiques meilleures en situation de souscription, mais encore insuffisantes
L’AMF observe que, lorsque le visiteur mystère se place en situation de souscription effective, les pratiques sont globalement moins dégradées que lors des rendez‑vous « prospectifs ». Toutefois, même en souscription, les niveaux constatés « n’atteignent pas les attentes » posées par la réglementation, selon le rapport.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Période | Sept 2025 – Fév 2026 |
| Visites réalisées | 145 |
| Banques concernées | 11 |
Pourquoi ces observations comptent pour l’épargnant
Le questionnement est la première étape pour évaluer le profil, la tolérance au risque et les objectifs d’un client : s’il est lacunaire, les produits recommandés peuvent être inadaptés. De même, la présentation claire des frais est déterminante pour comparer l’attrait réel d’un placement et son rendement net. En l’état, les constats de l’AMF laissent penser que des efforts restent nécessaires pour garantir que les choix d’épargne reposent sur une information complète et compréhensible.
Un outil de dialogue plus que de sanction
Les visites mystère, menées par un institut spécialisé selon un scénario défini par l’AMF, servent principalement d’outil de veille et d’amélioration des pratiques. Elles permettent au régulateur d’ouvrir un dialogue avec les établissements visités et de cibler des actions de suivi, sans exclure des suites plus formelles si besoin.
Pour les épargnants, le message est clair : en rendez‑vous, poser des questions précises sur les frais, les scénarios de performance et les risques demeure indispensable. Pour les banques, l’injonction est tout aussi simple : renforcer la qualité du questionnement et la transparence afin d’aligner les pratiques sur les exigences réglementaires et sur l’intérêt des clients.