La campagne municipale n'a pas empêché certaines collectivités de relever la pression fiscale locale : entre 2025 et 2026, un nombre limité mais notable de communes a augmenté la taxe foncière votée par leurs conseils municipaux. Le quotidien Le Parisien, en s'appuyant sur les données du cabinet FSL, dresse la liste des villes où la contribution des propriétaires a progressé, parfois fortement.
Pourquoi la taxe peut monter sans changement de taux
Le mécanisme est simple et technique à la fois : la taxe foncière est le produit de la valeur locative cadastrale d'un bien et du taux communal voté. Mais la valeur sur laquelle s'applique ce taux est indexée sur l'inflation. En 2026, l'inflation retenue s'établit à 0,8 %. Autrement dit, même lorsque le pourcentage voté par la commune reste identique, le montant demandé aux propriétaires peut augmenter du fait de cette revalorisation annuelle.
Qui est concerné ?
Sont concernés les propriétaires d'un logement ou d'un local imposable à la taxe foncière. Le calcul prend en compte plusieurs composantes : la surface, la nature du bien (maison, appartement, local commercial), les équipements de confort (eau courante, chauffage, sanitaires) et la situation du bien dans la commune. Ces éléments « font grossir » la surface perçue ou la valeur locative, donc le montant final.
« 2026 est une année d’élection municipale et beaucoup d’élus ont fait des promesses de campagne autour d’une taxe foncière qui ne bougera pas. » — Jérôme Barberet, directeur d’étude au cabinet FSL
Les communes ayant augmenté la taxe foncière (2025 → 2026)
Le cabinet FSL et le quotidien précisent plusieurs augmentations notables, qu'il convient de lister pour mesurer l'ampleur des hausses :
- Courbevoie : +2,5 %
- Bastia : +3,7 %
- Les Abymes (Guadeloupe) : +9,3 %
- Baie-Mahault (Guadeloupe) : +13,7 %
- Drancy : +14,1 %
- Clamart : +16,9 %
- Ajaccio : +19 %
- Fréjus : +22,4 %
- Montrouge : +25 %
- Aulnay-sous-Bois : +29 %
- Mamoudzou (Mayotte) : +95 %
| Commune | Variation 2025→2026 |
|---|---|
| Courbevoie | +2,5 % |
| Bastia | +3,7 % |
| Les Abymes (Guadeloupe) | +9,3 % |
| Baie-Mahault (Guadeloupe) | +13,7 % |
| Drancy | +14,1 % |
| Clamart | +16,9 % |
| Ajaccio | +19 % |
| Fréjus | +22,4 % |
| Montrouge | +25 % |
| Aulnay-sous-Bois | +29 % |
| Mamoudzou (Mayotte) | +95 % |
Conséquences et lecture politique
La lecture des données du cabinet FSL illustre deux tendances : d'une part, la majorité des communes de plus de 40 000 habitants a choisi de maintenir son taux en 2026, explique le cabinet ; d'autre part, des collectivités — parfois d'outre-mer — ont opté pour des revalorisations significatives qui se traduisent par des hausses substantielles pour les propriétaires.
Sur le plan politique, Jérôme Barberet souligne que l'année électorale a pesé dans les décisions : plusieurs équipes municipales ont pris l'engagement que la taxe n'augmenterait pas, ce qui a pu conduire à une stabilisation des taux dans de nombreuses villes.
Ce qu'il faut retenir
- La taxe foncière peut augmenter même sans modification du taux communal du fait de l'indexation sur l'inflation (0,8 % en 2026).
- Plusieurs communes ont malgré tout voté des hausses importantes ; les propriétaires dans ces communes verront leur note augmenter en conséquence.
- Les engagements pris en période électorale ont contribué à la stabilité dans de nombreuses grandes villes, selon le cabinet FSL.
Les propriétaires souhaitant estimer l'impact sur leur foyer doivent se référer aux avis d'imposition transmis par leur service des impôts ou consulter les publications locales du conseil municipal qui explicite le vote des taux.