Une recommandation ferme : travailler plus longtemps
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) livre une série d’observations et de propositions au sujet du système de retraite français. Face au vieillissement démographique, elle juge nécessaire de reprendre la réforme suspendue qui devait porter l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans d’ici 2033, et suggère d’envisager un relèvement supplémentaire pour rapprocher la France des pays comparables.
Pour l’OCDE, l’objectif n’est pas abstrait : il s’agit de contenir une dépense qui représentait déjà 14,1 % du PIB en 2024 et qui pourrait atteindre 14,2 % en 2045. L’organisation plaide aussi pour des mécanismes liant l’âge de départ à l’évolution de l’espérance de vie.
Constats démographiques et fiscaux
Le rapport met en avant le glissement du ratio entre personnes de plus de 65 ans et population active. Aujourd’hui, la France compte environ 2,5 actifs pour chaque personne âgée de plus de 65 ans ; selon les projections, ce ratio devrait tomber à moins de 2 d’ici 2050, amplifiant la pression sur les retraites, la santé et la dépendance.
- Âge moyen de départ dans l’OCDE : 64,7 ans aujourd’hui, attendu à 66,4 ans dans les prochaines années.
- Dépense retraite : 14,1 % du PIB en 2024, projection à 14,2 % en 2045.
- Dette publique : risque de montée à 127 % du PIB en 2030 sans redressement.
Des pistes pour mieux répartir l’effort
Au‑delà du seul âge de départ, l’OCDE propose d’« mieux répartir » l’effort entre actifs et retraités. Parmi les mesures avancées figurent :
- la suppression de l’abattement fiscal de 10 % appliqué aux pensions de retraite ;
- l’alignement progressif de certains taux de CSG entre actifs et retraités ;
- le ciblage des efforts sur les retraités les plus aisés, tout en préservant les plus modestes.
Conséquences et marges de manœuvre
Les recommandations de l’OCDE pointent la nécessité de décisions politiques rapides si l’on veut éviter une hausse prolongée des prélèvements ou une dégradation plus marquée des comptes publics. En pratique, relever l’âge légal ou indexer le départ sur l’espérance de vie implique des ajustements des règles de calcul des pensions, des dispositifs de transition pour les carrières longues, et des protections pour les travaux pénibles.
| Indicateur | Chiffre cité |
|---|---|
| Dépense retraite (2024) | 14,1 % du PIB |
| Projection dépense (2045) | 14,2 % du PIB |
| Âge moyen OCDE (aujourd'hui) | 64,7 ans |
| Âge moyen OCDE (futur) | 66,4 ans |
| Dette publique (risque) | 127 % du PIB en 2030 |
Ce que cela signifie pour les Français
Si les recommandations étaient suivies, plusieurs conséquences pratiques sont à envisager : un relèvement progressif de l’âge légal affecterait le calendrier de départ pour des milliers de salariés ; une modification fiscale toucherait directement le pouvoir d’achat des retraités, selon leur niveau de pension ; enfin, un ciblage des efforts sur les plus aisés suppose d’affiner les barèmes et les exonérations existantes. L’OCDE insiste cependant sur la nécessité de protéger les retraités les plus modestes.
Les préconisations de l’OCDE replacent la question des retraites au cœur du débat budgétaire et social. Elles offrent un cadre chiffré aux décideurs : décider maintenant, au prix de mesures parfois impopulaires, ou accepter une montée prolongée des dépenses et de la dette.