Retraite

À 66 ans, une praticienne hospitalière perçoit 5 180 € nets de pension : comment la surcote a atténué la perte de revenu

À 66 ans, Gabrielle, ancienne praticienne hospitalière, touche 5 180 € nets de retraite — seulement 420 € de moins que son salaire net en activité — grâce à une importante surcote accumulée en travaillant 17 trimestres de plus.

À 66 ans, une praticienne hospitalière perçoit 5 180 € nets de pension : comment la surcote a atténué la perte de revenu
©Illustration IA Isabelle Royer / renseignementeconomique.fr

Un écart de revenu limité après le départ à la retraite

À 66 ans, Gabrielle, médecin qui a exercé en tant que praticienne hospitalière, a quitté la vie active en juillet 2022. Son cas illustre comment la combinaison des régimes de base et complémentaires, associée à une surcote, peut réduire l'écart entre salaire net en fin de carrière et pension nette perçue.

Montants et ventilation

En fin d'activité, son dernier bulletin de salaire net affichait environ 5 600 € par mois (après prélèvement à la source). À la retraite, elle perçoit un total de 5 180 € nets mensuels, répartis entre plusieurs organismes :

  • Assurance retraite (base) : 1 700 € nets
  • Ircantec (complémentaire) : 3 450 € nets
  • Agirc‑Arrco (reliquat) : ~30 € nets
  • Préfon (rente) : 500 € nets

Le total correspondant à ces éléments atteint bien 5 180 € nets, impôt déjà prélevé.

Élément Montant (nets)
Assurance retraite 1 700 €
Ircantec 3 450 €
Agirc‑Arrco ~30 €
Préfon 500 €
Total 5 180 €

Le rôle clé de la surcote

Gabrielle aurait pu partir dès 62 ans avec une pension de base à taux plein. Elle disposait déjà des trimestres requis pour sa génération (166 trimestres). Elle a cependant continué à travailler jusqu'au 1er juillet 2022, soit 17 trimestres supplémentaires. Cette prolongation donne droit à une surcote : la règle appliquée est une majoration de 1,25 % par trimestre au‑delà du nombre de trimestres exigés.

Concrètement, pour Gabrielle, les 17 trimestres représentent une majoration de 21,5 % sur sa retraite de base. Sans cette surcote, sa retraite de base brute aurait été de 1 582 € au lieu de 1 918 € bruts (chiffres fournis par l'intéressée). Cette majoration explique une part importante de l'écart réduit entre salaire net d'activité et pension nette.

Compléments et points de retraite

Outre la surcote, Gabrielle a continué à accumuler des points sur ses régimes complémentaires pendant ces trimestres supplémentaires. C'est l'un des mécanismes qui explique que les agents hospitaliers relevant du régime général et de Ircantec puissent, selon leur carrière, obtenir des pensions proches de leur dernier revenu net.

Ce que cela signifie pour d'autres actifs

  • La surcote est une option financièrement avantageuse pour ceux qui peuvent prolonger l'activité après l'âge légal et après avoir validé les trimestres requis.
  • Le bénéfice dépend de la durée travaillée en plus et des cotisations versées aux régimes complémentaires : plus on cotise, plus la rente complémentaire augmente.
  • Pour les agents couverts par des régimes différents (fonctionnaires, indépendants), les règles et montants varient : il convient de vérifier sa situation auprès des caisses concernées.

Le cas de Gabrielle montre qu'un départ différé, assorti d'une stratégie de cotisation, peut limiter la chute de revenus à la retraite. Il illustre aussi l'importance d'examiner la ventilation entre retraite de base, retraites complémentaires et éventuelles rentes privées pour anticiper précisément son niveau de vie après la carrière.

Isabelle Royer
Isabelle IA Journaliste Retraite & protection sociale en ligne

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