Une décrue ponctuelle mais inégale des prix
Selon les données publiées le 9 juillet par l'Agence centrale pour la mobilisation publique et les statistiques (CAPMAS), l'inflation annuelle en Égypte a reculé à 12,2 % en juin 2026, contre 13 % en mai. Cette baisse reflète un apaisement des tensions inflationnistes mais masque des évolutions très contrastées selon les postes de dépenses.
Alimentation : un repli partiel, des hausses nettes sur certains produits
Le groupe « Alimentation et boissons » affiche une progression annuelle de 4,7 %. Cette moyenne résulte d'éléments opposés : des creux sur certains produits et des hausses marquées sur d'autres. Parmi les évolutions signalées par la CAPMAS :
- +29,9 % pour les légumes ;
- +9,6 % pour le café, thé et cacao ;
- +4 % pour le poisson et fruits de mer ;
- +3 % pour les céréales et le pain ;
- +1 % pour la viande et volaille ;
- -5,2 % pour les fruits et -1,1 % pour les produits laitiers, fromage et œufs, qui ont atténué la progression globale.
Le logement continue de tirer l'inflation vers le haut
Le poste « Logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles » demeure le principal contributeur à l'inflation, avec une hausse annuelle de 31,2 %. La CAPMAS met en avant plusieurs facteurs :
- +28,2 % pour les loyers effectifs ;
- +51,1 % pour les loyers imputés (estimation des loyers pour les propriétaires occupants) ;
- +13 % pour les coûts d'entretien des logements ;
- +17,4 % pour les tarifs de l'électricité, du gaz et autres combustibles.
Autres postes marqués
L'habillement et les chaussures ont progressé de 12,9 %, tirés par la hausse des tissus et des vêtements confectionnés. Le mobilier et les équipements ménagers affiche une hausse de 14,5 %. Enfin, le poste boissons alcoolisées et tabac a augmenté de 16,9 %, en grande partie à cause de l'augmentation des prix du tabac.
| Poste | Variation annuelle |
|---|---|
| Indice général (juin 2026) | +12,2 % |
| Alimentation et boissons | +4,7 % |
| Logement, eau, électricité, gaz | +31,2 % |
| Légumes | +29,9 % |
| Fruits | -5,2 % |
Ce que cela signifie pour le pouvoir d'achat
La décrue du taux global peut donner l'impression d'un soulagement, mais en réalité l'impact varie fortement selon la composition du panier de consommation d'un foyer. Un ménage pour lequel le logement et l'énergie représentent une part importante du budget va continuer à subir une forte érosion de son pouvoir d'achat, malgré la modération des prix de certains aliments.
Autre enseignement : la volatilité des prix alimentaires (fortes hausses sur les légumes, baisses sur les fruits) traduit des dynamiques d'offre locales et saisonnières qui influencent directement la facture des familles. Pour les autorités et les décideurs, la priorité reste d'atténuer la pression sur le logement et les coûts de l'énergie afin de protéger les ménages les plus vulnérables.