Un rebond léger mais soutenu par les finances publiques
Après une année 2024 au ralenti, l’économie de La Réunion a retrouvé un peu de couleur en 2025 : le produit intérieur brut a augmenté de 1,1 % en volume, selon les comptes économiques rapides publiés par le Cerom (Insee, Iedom et AFD). C’est une croissance supérieure à celle enregistrée au niveau national, qui s’est établie à +0,8 % la même année, mais le diagnostic reste contrasté.
Le rapport met en lumière que l’amélioration tient avant tout à la voilure des administrations et au pouvoir d’achat des ménages. «
la croissance économique régionale est portée principalement par les dépenses des administrations publiques (+2,5 % en volume) et par la consommation des ménages (+1,2 % en volume)» : la formule du Cerom souligne la dépendance du territoire à ces deux leviers.
Consommation et revenus : une progression tiède
La consommation des ménages continue d’augmenter, mais dans des proportions plus modestes qu’en 2024. Le document note que le revenu disponible progresse encore, mais moins rapidement, en raison d’une dynamique plus faible des revenus d’activité. Concrètement, cela signifie que, pour un foyer réunionnais, le supplément de pouvoir d’achat issu de la reprise salariale est contenu et pousse à la prudence dans les dépenses.
Inflation, investissement et commerce extérieur
Le ralentissement de l’inflation — +1,4 % en moyenne sur l’année contre +2,8 % l’année précédente — n’a pas suffi à déclencher un regain de consommation comparable à l’espoir initial. L’investissement, lui, revient timidement après une année difficile, tandis que le commerce extérieur continue d’entraver la progression du PIB.
- Dépenses publiques : +2,5 % (levier principal)
- Consommation des ménages : +1,2 %
- Inflation : +1,4 % en 2025 (contre +2,8 % en 2024)
| Indicateur | 2024 | 2025 |
|---|---|---|
| PIB (volume) - La Réunion | +0,5 % | +1,1 % |
| PIB (volume) - France | – | +0,8 % |
Ces données traduisent une reprise fragile et partielle. Pour les ménages, l’effet tangible est limité : l’inflation plus basse allège légèrement la pression sur les dépenses quotidiennes (courses, énergie, transports), mais l’absence d’un rebond soutenu des salaires et l’investissement privé encore faible réduisent les perspectives d’amélioration durable du pouvoir d’achat.
Sur le plan des politiques publiques, la situation pose une question stratégique : maintenir un soutien budgétaire pour assurer la demande à court terme, ou favoriser des mesures ciblées visant à relancer l’investissement productif et les revenus d’activité afin de rendre la croissance plus autonome. Pour l’instant, à La Réunion, la relance reste largement dépendante du budget de l’État et des administrations, et peu ancrée dans une dynamique d’investissement et d’exportation.
Au final, si la hausse de 1,1 % du PIB est un signe positif après la stagnation, elle ne suffit pas à dissiper les fragilités structurelles du territoire : prudence des ménages, investissement timide et déficit commercial pesant. Le vrai enjeu pour le pouvoir d’achat réunionnais reste d’atteindre une croissance plus soutenable et moins dépendante des dépenses publiques.