Un secteur porté par la défense et l'export
Le Groupement des Industries de Construction et Activités Navales (Gican) a présenté, lors de son assemblée générale du 8 juillet à Paris, le Cahier économique de l'industrie navale 2025. Les chiffres confirment une dynamique soutenue : 38 milliards d'euros de commandes l'an passé et plus de 17 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025, soit une hausse de 9 % en un an.
Poids de la défense et diversification des activités
La structure du chiffre d'affaires illustre l'orientation du secteur : environ 70 % de l'activité relève de la défense et 30 % du civil. Outre la construction navale proprement dite, la filière couvre la réparation, la maintenance, les équipements et les systèmes embarqués, soulignant une chaîne de valeur industrielle étendue.
« les nouveaux champs technologiques comme la révolution des drones qui s’appuie sur la robotique et l’intelligence artificielle »
Ces innovations, identifiées par le président du Gican, constituent des relais de croissance et des facteurs de montée en gamme technologique pour les entreprises du secteur.
Emplois : une création soutenue et des besoins à venir
La filière emploie désormais 59 100 personnes en emplois directs, un solde positif de près de 15 000 postes créés sur dix ans. Le Gican anticipe encore 9 600 recrutements supplémentaires à l'horizon 2030, ce qui traduit des besoins importants en compétences—ingénierie, production, maintenance et nouvelles technologies embarquées.
- Emploi actuel : 59 100 postes directs
- Postes créés en 10 ans : ~15 000
- Recrutements attendus d'ici 2030 : 9 600
Une filière ancrée dans les grands programmes nationaux
Les grands programmes navals sont cités comme facteurs d'entraînement industriel : sous-marin nucléaire lanceur d'engins 3G, porte-avions « France Libre » et frégates de défense et d'intervention. Le Gican explique que ces programmes dépassent l'enjeu purement militaire et irriguent de nombreuses PME et ETI sur l'ensemble du territoire.
Structure des entreprises et performances à l'export
La filière se caractérise par un tissu entrepreneurial majoritairement composé de PME (57 %) et de TPE (18 %). L'activité à l'export a progressé de 9 % en 2025, signe d'une compétitivité retrouvée sur les marchés internationaux, tant pour les navires civils que pour les systèmes de défense.
| Indicateur | Valeur 2025 |
|---|---|
| Commandes | 38 Md€ |
| Chiffre d'affaires | 17 Md€ |
| Hausse annuelle | +9 % |
| Emplois directs | 59 100 |
| Part défense / civil | 70 % / 30 % |
Ce que cela signifie pour les salariés, les PME et les clients
Pour les salariés, la trajectoire de la filière laisse entrevoir une consolidation des emplois industriels et des opportunités de montée en compétences, notamment autour de la robotique et de l'intelligence artificielle embarquées. Pour les PME et ETI, les grands programmes nationaux représentent à la fois des carnets de commandes et des défis : capacité à absorber des volumes, respect des calendriers, montée en qualité et respect des chaînes d'approvisionnement.
Du côté des clients — administrations, armateurs civils et marchés internationaux — la disponibilité et la compétitivité des offres françaises se trouvent renforcées par la combinaison de commandes publiques soutenues et d'un tissu industriel diversifié. Reste la question des délais de production et de la gestion des compétences, qui conditionneront la capacité de la filière à transformer ces perspectives en livraisons concrètes.
Au-delà des chiffres, le Cahier économique 2025 met en exergue un constat : la marine marchande, la défense et les nouvelles technologies convergent pour faire de la construction navale un secteur stratégique et créateur d'emplois sur le long terme.