Chute du titre et message aux investisseurs
Lundi, l'action Novo Nordisk a reculé jusqu'à 9 % en séance, signe d'une nervosité accrue des investisseurs lors de la journée dédiée aux marchés organisée par le groupe à Londres. Les dirigeants ont dû répondre à des questions serrées sur la politique de prix, la stratégie de fusions-acquisitions et la capacité du laboratoire à gérer l'expiration prochaine des brevets du sémaglutide, principe actif de Wegovy (obésité) et d'Ozempic (diabète).
Faits saillants communiqués par la direction
- Objectif de lancer plus de cinq « blockbusters » d'ici 2030.
- Ambition de générer > 150 milliards de couronnes danoises (23 milliards de dollars) de ventes pour le portefeuille en développement d'ici 2035.
- Plan de réduction des coûts déjà engagé : 13 000 départs confirmés (après 9 000 licenciements initiaux puis 4 000 départs supplémentaires).
Concurrence accrue et risque de perte d'exclusivité
Le bond de valorisation du groupe depuis 2021, porté par Wegovy, s'est inversé : la valeur boursière a perdu plus de 70 % depuis ses sommets face à la percée de son rival américain Eli Lilly. Selon des données du London Stock Exchange Group (LSEG), l'injection concurrente de Lilly, Zepbound, devrait générer cette année plus de 7 milliards de dollars de ventes, mettant une pression significative sur les parts de marché et les capacités tarifaires de Novo Nordisk.
Questions des marchés : prix des prochains traitements et acquisitions
Les analystes ont poussé la direction à expliciter ses hypothèses de prix pour les nouvelles molécules, estimant que le maintien de marges élevées sera difficile une fois que le sémaglutide perdra son exclusivité au début des années 2030. Sur la stratégie externe, Novo Nordisk affirme disposer d'un bilan lui permettant d'envisager des acquisitions de plus grande envergure que par le passé, mais les marchés attendent des preuves concrètes.
"Compte tenu de toutes les pressions auxquelles
Conséquences pour le secteur, les salariés et les patients
Pour le secteur pharmaceutique, l'affaire illustre la vulnérabilité d'un modèle centré sur un produit très rentable : la fin d'une exclusivité peut redistribuer rapidement les cartes. Pour les salariés, le plan social massif — 13 000 départs — traduit un recentrage structurel susceptible d'affecter la R&D et les opérations, malgré les promesses d'investissement dans de nouvelles molécules. Pour les patients, la concurrence peut favoriser l'accès à des traitements et potentiellement faire pression à la baisse sur les prix, mais elle soulève aussi des questions sur la continuité d'approvisionnement et l'innovation future.
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Chute intrajournalière | Jusqu'à 9 % |
| Perte depuis les sommets | Plus de 70 % |
| Départs annoncés | 13 000 |
| Objectif de ventes R&D | 150 milliards DKK (23 Md$) d'ici 2035 |
| Ventes estimées de Zepbound | +7 Md$ (cette année) |
À court terme, la lecture des investisseurs sera conditionnée à la précision des hypothèses de prix et à la capacité du groupe à traduire ses ambitions de pipeline en revenus tangibles avant la dévaluation des produits historiques. À moyen terme, la trajectoire dépendra de la vitesse à laquelle Novo Nordisk saura diversifier son portefeuille et renforcer sa compétitivité face aux offres concurrentes.
Antoine Rivière
Journaliste, rubrique Entreprises — Renseignement Économique