Le rapport de Bpifrance sur le Plan Deeptech confirme une montée en puissance tangible de l'écosystème français. En 2025, Paris se place au troisième rang mondial en volume de levées pour la deeptech, derrière la Bay Area et Boston, avec 4,1 milliards d'euros récoltés sur l'année. Le document met en lumière une trajectoire rapide : le montant des levées a triplé depuis le lancement du plan en 2019.
Des chiffres qui pèsent
Au-delà du montant annuel, le rapport compile des données qui dessinent un paysage économique précis : 2 830 startups deeptech actives, 5,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires généré par ces entreprises, et 50 000 emplois directs. Sur la création, la cadence s'accélère : 410 nouvelles startups en 2025 contre 207 en 2019. Ces indicateurs donnent au Plan Deeptech un bilan concret : la filière n'est plus seulement une promesse, elle pèse désormais dans l'industrie et la santé, notamment.
« La deeptech n’est plus une promesse : c’est 50 000 emplois, 5 milliards de chiffre d’affaires et des startups qui s’intègrent concrètement dans les chaînes de valeur industrielles. Pour transformer cette dynamique en puissance européenne, il faut changer d’échelle : attirer de nouveaux capitaux, rapprocher startups et grands groupes, et penser Européen dès le départ. C’est tout le sens de l’European Deeptech Week. »
Quels secteurs et quelles forces ?
La répartition sectorielle reflète une diversité à fort impact : près de la moitié des entreprises sont industrielles, une part importante est dédiée à la santé, et la greentech représente un quart des acteurs. L'écosystème compte par ailleurs 15 licornes et près de 60 startups cotées, signes d'une maturation financière et d'une capacité d'échelle.
- Levées 2025 : 4,1 Mds€ (50 % du total French Tech)
- Startups créées : 410 en 2025 (vs 207 en 2019)
- Emplois : 50 000 dans 2 830 startups actives
Enjeux : capitaux, industrialisation, et ambition européenne
Le rapport ne se contente pas de chiffres : il trace un cap. Pour convertir cette dynamique en « puissance européenne », il faudra attirer des capitaux supplémentaires, mieux rapprocher startups et grands groupes industriels, et intégrer une vision paneuropéenne dès la conception des projets. Le contraste avec les montants américains reste net : 137 milliards d'euros levés en deeptech aux États-Unis en 2025 contre 21,6 milliards en Europe, rappelant l'écart de financement à combler.
La réussite française tient autant aux investissements publics et privés qu'à la structuration des chaînes de valeur où la deeptech commence à s'insérer. Reste la question du modèle financier : convertir la R&D lourde en revenus durables nécessite des partenariats industriels à grande échelle et une stratégie de capitaux patient. Les chiffres de 2025 montrent que la France est sur la bonne trajectoire, mais qu'un saut d'échelle européen est indispensable pour concurrencer la concentration de capitaux et d'unités industrielles outre-Atlantique.
| Indicateur | Valeur 2025 |
|---|---|
| Levées deeptech | 4,1 Mds€ |
| Startups créées | 410 |
| Startups actives | 2 830 |
| Emplois | 50 000 |
| Chiffre d'affaires agrégé | 5,4 Mds€ |
À court terme, la priorité est claire : augmenter les tickets d'investissement, multiplier les rapprochements industriels et favoriser les financements transnationaux pour créer des champions européens. Le bilan 2025 est un motif d'encouragement — il pose aussi la feuille de route pour transformer une dynamique nationale en force stratégique continentale.