Des carrières artistiques non salariées, des droits à la retraite incomplets
Au centre de soins pour personnes âgées Thị Nghè, à Hô Chi Minh-Ville, cinq artistes vétérans vivent sans pension de retraite mais bénéficient d’un soutien public mensuel de 2,65 millions de dongs par personne. Parmi elles et eux figurent des noms reconnus : Diệu Hiền, Ngọc Đáng, Lam Sơn, Mạc Can et Huỳnh Thanh Trà.
Pourquoi l’absence de pension ?
La raison principale exposée est la nature des trajectoires professionnelles de la génération concernée : beaucoup ont exercé de façon indépendante, sans rattachement stable à une structure employeuse et sans cotisations suffisantes à l’assurance sociale pour ouvrir droit à une retraite. En conséquence, ces artistes ne perçoivent pas de pension mensuelle classique.
Une prise en charge municipale à la place de la retraite
Pour compenser cette absence, la municipalité de Hô Chi Minh-Ville verse une aide financière de 2,65 millions VND par bénéficiaire et par mois. Par ailleurs, le centre Thị Nghè assure la prise en charge du logement, des soins et de la vie quotidienne : soins médicaux gratuits à vie, salles médicales dédiées et suivi régulier de l’état de santé.
« Le centre dispose de salles médicales séparées, surveillant régulièrement la santé des personnes âgées », a expliqué Trịnh Kim Chi, présidente de l’Association du théâtre de Hô-Chi-Minh-Ville.
État de santé et besoins spécifiques
Les artistes pris en charge sont très âgés et portent plusieurs affections chroniques. L’une d’entre elles, Ngọc Đáng, est âgée de 99 ans et a vu sa mobilité réduite après une chute. L’artiste Mạc Can est âgé de 81 ans. Certains résidents nécessitent un fauteuil roulant ou l’assistance du personnel pour les actes quotidiens. Le centre organise des examens médicaux mensuels et soutient les traitements lorsque des problèmes de santé sont détectés.
Conséquences et enjeux
Ce cas illustre plusieurs enjeux : la vulnérabilité des professions intermittentes face au système de retraite contributif et la responsabilité des collectivités locales pour suppléer des droits non acquis. Il pose aussi la question de la pérennité des solutions municipales : assistance financière et prise en charge institutionnelle peuvent protéger à court terme, mais ne remplacent pas un régime structuré de revenus de remplacement pour les personnes âgées.
- Nombre de bénéficiaires : 5 artistes vétérans au centre Thị Nghè.
- Montant de l’aide : 2,65 millions VND par personne et par mois.
- Soins : suivi médical mensuel et soins gratuits à vie au centre.
| Nom | Âge (indiqué) | Situation |
|---|---|---|
| Ngọc Đáng | 99 | Mobilité réduite après une chute |
| Mạc Can | 81 | Problèmes de santé chroniques |
| Diệu Hiền | — | Résidente du centre |
| Lam Sơn | — | Résident |
| Huỳnh Thanh Trà | — | Résident |
Le cas de Thị Nghè peut servir d’exemple pour réfléchir aux mécanismes de protection sociale destinés aux travailleurs culturels non salariés : il souligne la nécessité d’une meilleure couverture tout au long de la carrière pour éviter que la dépendance aux aides locales ne devienne la norme à l’âge avancé.