Des pompes moins chères, pas forcément un caddie allégé
La récente baisse significative des prix des carburants ne s'est pas traduite par une baisse équivalente des prix des aliments consommés au quotidien, notamment des plats de rue et des produits laitiers. Si la décrue du prix de l'essence améliore le coût du transport, elle n'en annule pas d'autres charges structurelles qui pèsent sur le prix final payé par les ménages.
Des baisses de carburant mesurables
Sur le marché intérieur chinois, l'essence a nettement reculé depuis le début juillet : l'E5 RON 92 est vendue autour de 19 730 VND/litre et le RON 95 à 20 415 VND/litre, soit une baisse d'environ 25 % par rapport aux pics du 7 mars pour le RON 95. Cette décrue devrait, en théorie, réduire une composante du coût logistique des produits alimentaires.
Mais d'autres postes restent inchangés
Sur le terrain, gérants de petites restaurations et consommateurs constatent que les prix des portions de pho ou des vermicelles ne diminuent pas proportionnellement. Les explications données par les professionnels sont régulières et cohérentes : l'essence ne constitue qu'une partie du total des coûts.
« La baisse des prix de l'essence contribue à réduire les coûts de transport, mais les prix des aliments restent inchangés. Le coût des matières premières, le loyer et les salaires représentent toujours une part importante de nos dépenses ; nous devons donc revoir notre stratégie. »
Cette citation d'un propriétaire de restaurant illustre le raisonnement des restaurateurs : même si la facture carburant baisse, ils restent exposés à des postes fixes et variables élevés — loyers, salaires, électricité, eau et matières premières — qui empêchent une transmission automatique de la baisse aux clients.
Conséquences pour le pouvoir d'achat
- Effet limité à court terme : les consommateurs ressentent peu d'allégement sur leur panier quotidien malgré la baisse du carburant.
- Rigidité des prix : lorsque les prix montent, les commerçants répercutent rapidement la hausse ; à la baisse, la modulation est plus lente ou absente.
- Pression sur les marges : pour préserver leur rentabilité, certains acteurs préfèrent maintenir les prix plutôt que de réduire leurs marges.
Quelques données pour situer l'impact
| Produit | Évolution observée |
|---|---|
| Essence RON 95 | -25 % depuis le pic du 7 mars (à ~20 415 VND/litre) |
| Portions de pho / vermicelles | Prix restés élevés, malgré la baisse du carburant |
Ces chiffres montrent une déconnexion entre la trajectoire des carburants et celle des produits alimentaires. L'effet sur le budget des ménages est donc atténué : une baisse significative du coût au litre du carburant ne se traduit pas forcément par une économie tangible à l'échelle d'un foyer pour ses achats alimentaires quotidiens.
Que retenir ?
La baisse du prix de l'essence est une bonne nouvelle pour le coût des transports, mais elle ne suffit pas à assurer une baisse automatique et immédiate du prix des produits de première nécessité. Tant que loyers, salaires, coûts des matières premières et frais fixes resteront élevés, l'effet réel sur le porte-monnaie des ménages restera modeste. Pour que les consommateurs voient une différence notable en euros par mois, il faudrait une combinaison de baisses sur plusieurs postes de coût, ou une pression concurrentielle et réglementaire favorisant une répercussion plus rapide des diminutions de coûts.