Un niveau moyen qui masque des écarts importants
Les derniers comptes régionaux publiés par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) confirment que la dépense de consommation finale des ménages au Maroc s'établissait à 944,1 milliards de dirhams en 2024. Cela représente une dépense moyenne par habitant de 25.664 DH par an, mais ce chiffre moyen dissimule des différences territoriales marquées.
En pratique, six régions dépassent cette moyenne, et la concentration de la consommation est très nette : 74,4 % des dépenses sont réalisées dans cinq régions seulement — Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra, Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Fès-Meknès et Marrakech-Safi — ce qui illustre une forte polarisation du marché intérieur.
Des poches de richesse et des zones en retrait
En tête des dépenses par habitant figure la région Dakhla-Oued Eddahab avec 34.515 DH par personne et par an, suivie par Casablanca-Settat (31.173 DH). Les autres régions au-dessus de la moyenne sont l’Oriental (27.805 DH), Rabat-Salé-Kénitra (27.250 DH) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (27.210 DH). À l’opposé, plusieurs régions restent sous la moyenne nationale, témoignant de niveaux de consommation et de pouvoir d’achat plus modestes.
- Concentration : 74,4 % des dépenses dans cinq régions.
- Écart croissant : l'écart moyen de dépense par habitant est passé de 3.423 DH à 3.609 DH en un an.
- Volume total : 944,1 milliards de DH de dépenses de consommation finale en 2024.
Des disparités qui s’accentuent
Le HCP souligne que les disparités régionales se creusent : l'écart moyen de consommation entre régions est passé de 48,5 à 51,5 milliards de dirhams en un an. Cette hausse traduit une concentration de la demande dans les zones économiquement dynamiques — là où se concentrent emplois, investissements et infrastructures — et laisse en marge les territoires moins dotés.
Conséquences pour les acteurs économiques
Pour les enseignes, les industriels et les décideurs publics, ces données sont un indicateur clé du potentiel de marché par territoire. Elles orientent :
- les stratégies d’implantation et d’investissement (où ouvrir des points de vente ou renforcer la logistique) ;
- les politiques publiques ciblées pour soutenir la consommation dans les régions en retard ;
- l’analyse du pouvoir d’achat réel des ménages, utile pour le ciblage commercial et la tarification.
Tableau : dépenses annuelles par habitant (sélection de régions)
| Région | Dépense annuelle par habitant (DH) |
|---|---|
| Dakhla-Oued Eddahab | 34.515 |
| Casablanca-Settat | 31.173 |
| Oriental | 27.805 |
| Rabat-Salé-Kénitra | 27.250 |
| Tanger-Tétouan-Al Hoceima | 27.210 |
Avec une croissance du PIB de 4,4 % en 2024, certaines régions bénéficient d’un contexte favorable porté par l’agriculture, l’industrie, le BTP, les services et le tourisme. Mais la hausse globale de l’activité ne suffit pas à réduire les écarts de consommation observés.
En synthèse, l’indicateur de 25.664 DH par habitant** est utile pour mesurer l’ampleur du marché à l’échelle nationale. Il doit toutefois être lu avec prudence par les acteurs économiques : la demande est très hétérogène selon les territoires, et les marques comme les pouvoirs publics devront adapter leurs réponses au niveau local pour toucher concrètement les ménages.