Les retraités prêts à participer, mais refusent d’être « pris pour cible »
Alors que l'exécutif examine des pistes pour réduire les dépenses publiques, dont des économies « de l'ordre d'au moins 6 milliards d'euros » en 2027 sur les retraites, la Confédération française des retraités (CFR) a tiré la sonnette d'alarme. Son président, Pierre Erbs, a répondu lundi 14 septembre sur Franceinfo : "
Les retraités seraient prêts à faire le même effort que l'ensemble de la population". Mais il a clairement exclu que les seniors deviennent la cible privilégiée des mesures d'économie.
Le débat porte sur plusieurs options évoquées par le gouvernement : une désindexation ou une sous-indexation de certaines pensions par rapport à l'inflation, en visant en priorité les plus hauts niveaux de pensions, et la suppression possible de l'abattement fiscal de 10 % appliqué sur les pensions dans le calcul de l'impôt sur le revenu. Ces mesures seraient destinées à générer des économies substantielles pour l'État.
Ce que dénoncent les représentants des retraités
La CFR rappelle que la situation de fait pour certains éléments de pension relève déjà d'une perte de pouvoir d'achat : l'organisation souligne notamment que la part complémentaire des retraites, à savoir l'Agirc‑Arrco, n'a pas toujours revalorisé les pensions à la hauteur des prix. Selon le président, la revalorisation Agirc‑Arrco a été de zéro l'an dernier, ce qui, combiné à des reports d'échéances de revalorisation des pensions de base, « s'est traduit par une perte de pouvoir d'achat » pour les retraités.
Sur la suppression de l'abattement de 10 %, la position est catégorique. Pierre Erbs avertit que retirer cet avantage fiscal reviendrait à une diminution effective du niveau de vie des retraités :
« C'est inenvisageable », a-t-il déclaré, estimant que cette mesure entraînerait une baisse du pouvoir d'achat des personnes âgées.
Conséquences pratiques et points de vigilance
- Effort réclamé : les retraités disent être disposés à contribuer à l'effort collectif, mais demandent que la contribution soit partagée et non ciblée exclusivement sur eux.
- Indexation : une baisse ou un gel de la revalorisation des pensions pèserait d'abord sur le pouvoir d'achat, surtout pour ceux dont la retraite repose majoritairement sur les complémentaire Agirc‑Arrco.
- Fiscalité : supprimer l'abattement de 10 % sur les pensions impacterait directement l'impôt net payé par les retraités et leur niveau de vie.
Tableau synthétique des mesures évoquées
| Mesure envisagée | Effet attendu |
|---|---|
| Désindexation / sous-indexation des pensions | Réduction potentielle des revalorisations, perte de pouvoir d'achat |
| Suppression de l'abattement fiscal de 10 % | Augmentation de l'impôt sur le revenu des retraités, baisse de leur niveau de vie |
Le contexte budgétaire pousse le gouvernement à explorer ces pistes, mais la réaction de la CFR illustre la sensibilité politique et sociale du dossier. Les retraités représentent une part importante des électeurs et une population pour laquelle la protection du pouvoir d'achat est un élément central de la qualité de vie. Les négociations à venir devront peser l'effet budgétaire des mesures envisagées et leurs conséquences sociales, en évitant de stigmatiser une catégorie qui se dit prête à la solidarité, à condition qu'elle soit partagée.
Le chantier reste donc ouvert : il s'agira pour l'exécutif de préciser les scénarios chiffrés, d’évaluer l'impact sur les différents profils de retraités et d'engager un dialogue avec les organisations représentatives avant toute décision finale intégrée au projet de loi de finances.