Un bilan financier général rassurant, mais une alarme sur les retraites
Réuni le 7 juillet pour sa vingt-troisième session, le Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques (CCSRS) a dressé un constat nuancé : si le système financier national paraît globalement solide, les régimes de retraite restent identifiés comme le principal risque structurel. Le Comité met en garde contre une interprétation trop optimiste des chiffres récents, qui masquent des fragilités de long terme.
Le rapport signale une amélioration récente de la trésorerie de certains régimes publics, alimentée par l'application de la seconde tranche des augmentations salariales issues du dialogue social du 29 avril 2024. Ces rentrées additionnelles ont mécaniquement accru le volume des cotisations, mais elles sont qualifiées de temporaires par le CCSRS : elles n'agissent pas sur les déterminants profonds du déséquilibre.
Des déséquilibres demeurent — démographie et paramètres actuariaux
Le Comité rappelle que les principaux facteurs de risque restent inchangés : la structure démographique et les paramètres actuariels des caisses publiques. En l'absence de modification de ces paramètres, la viabilité à long terme n'enregistre pas d'amélioration significative, avertit le CCSRS. Autrement dit, des rentrées exceptionnelles ou transitoires ne remplacent pas une réforme paramétrique ou institutionnelle.
Des trajectoires contrastées entre public et privé
Le diagnostic différencie clairement les situations. Dans le secteur privé, la branche retraite de la CNSS continue de dégager un excédent global, soutenu par une démographie encore favorable. Toutefois, le Comité attire l'attention sur une sous-tarification des droits qui menace la pérennité de cet excédent et appelle à une réforme paramétrique.
La Caisse interprofessionnelle marocaine des retraites (CIMR) est, quant à elle, présentée comme solide sur le long terme, grâce à des excédents techniques et financiers jugés robustes. Ces différences de trajectoire posent la question d'une réorganisation du système autour de deux pôles distincts, public et privé.
Un calendrier politique incertain
Face à l'urgence d'une refonte plus globale, le gouvernement hésite. Le CCSRS note que, malgré la nécessité de décisions structurelles, les arbitrages les plus sensibles ont été reportés et renvoyés à la prochaine législature. Cette temporisation politique accroît l'incertitude sur la mise en œuvre de mesures durables.
- 7 juillet : date de la session du CCSRS ayant formulé l'alerte.
- 29 avril 2024 : origine des augmentations salariales qui ont temporairement accru les cotisations.
- Trois trajectoires identifiées : caisses publiques fragilisées, CNSS excédentaire mais sous-tarifiée, CIMR solide.
| Régime | Situation |
|---|---|
| Caisses publiques | Déséquilibres structurels persistants |
| CNSS (branche privée) | Excédent global mais risque de sous-tarification |
| CIMR | Solide sur le long terme (excédents techniques et financiers) |
Le message du CCSRS est clair : les améliorations de trésorerie observées ne doivent pas masquer la nécessité de réformes profondes. Sans ajustements paramétriques et sans prise en compte des évolutions démographiques, le risque structurel des retraites restera présent, avec des implications budgétaires et sociales importantes pour les prochaines années.