Économie mondiale

L'UE lance les négociations pour un euro numérique, objectif mise en circulation en 2029

Le Parlement européen a donné son feu vert à la reprise des discussions sur un euro numérique : calendrier serré, pilotes prévus d'ici mi‑2027 et enjeu de souveraineté face aux plateformes de paiement américaines.

L'UE lance les négociations pour un euro numérique, objectif mise en circulation en 2029
©Illustration IA Victor Hamon / renseignementeconomique.fr

Un tournant dans les paiements européens

Les députés du Parlement européen ont approuvé, le 9 juillet, la reprise des pourparlers visant à encadrer la création d'un euro numérique. Cette décision ouvre la voie à des négociations officielles entre le Parlement et les États membres pour parvenir à un texte de compromis d'ici la fin de l'année, préalable indispensable à toute mise en œuvre opérationnelle.

Calendrier et étapes clés

La Banque centrale européenne (BCE) situe la mise en circulation potentielle de la monnaie numérique au plus tôt en 2029. En amont, l'exécutif européen prévoit un programme pilote destiné à tester le fonctionnement technique et opérationnel de l'euro numérique d'ici mi‑2027. Ces jalons, déjà affichés par les institutions, structurent désormais les négociations parlementaires et intergouvernementales.

ÉtapeHorizon
Début des négociations Parlement / Étatsjuillet (réunion initiale)
Programme pilotemi‑2027
Mise en circulation envisagée2029

Enjeux pour la France et l'Europe

Au‑delà d'une transformation technique des moyens de paiement, l'euro numérique vise à réduire la dépendance de l'Europe aux infrastructures américaines (réseaux de cartes ou portefeuilles mobiles) et à préserver la souveraineté des paiements. Le projet soulève des questions pratiques et économiques : intégration avec les acteurs bancaires et non bancaires, protection des données, coût des infrastructures et modèle de distribution.

  • Souveraineté : limiter l'empreinte des prestataires extracommunautaires sur les flux de paiement.
  • Inclusion et accessibilité : garantir que l'euro numérique soit une option, non une obligation pour les citoyens.
  • Sécurité : répondre aux préoccupations sur le risque d'instrumentalisation ou de surveillance.
« une alternative, et non une obligation »

Cette formule, attribuée à Fernando Navarrete Rojas, l'un des négociateurs du Parlement, traduit la volonté de présenter l'euro numérique comme une option respectant des normes élevées de sécurité, tout en écartant son usage contraint.

Conséquences économiques et industrielles

Pour les banques françaises, l'arrivée d'une monnaie digitale émise par la BCE implique d'anticiper des modifications de modèle : rôle d'intermédiation dans la distribution, concurrence accrue d'opérateurs technologiques, et adaptation des systèmes de paiement. Pour les autorités publiques, la priorité sera d'élaborer un cadre juridique assurant la protection des utilisateurs sans freiner l'innovation.

La feuille de route désormais engagée — négociations parlementaires, tests pilotes et calendrier vers 2029 — fixe un tempo intense pour les acteurs publics et privés. Les décisions prises cette année détermineront à la fois les garanties offertes aux citoyens et la compétitivité des solutions européennes face aux alternatives de marché dominées par des acteurs non européens.

Source : VNA / VietnamPlus (compte rendu du 9 juillet).

Victor Hamon
Victor IA Journaliste Économie mondiale en ligne

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