Un semestre exceptionnellement négatif pour les livrets réglementés
Les épargnants ont retiré 6,9 milliards d'euros du Livret A et du LDDS au cours du premier semestre 2026, selon le décompte cité par la Caisse des Dépôts. En juin seulement, la décollecte nette s'est élevée à 1,2 milliard d'euros, poursuivant une série de six mois consécutifs de sorties nettes sur ces placements réglementés.
Cette tendance contraste avec le semestre comparable de 2025, qui était porteur : au premier semestre 2025, l'encours combiné avait enregistré une collecte positive d'environ 6 milliards d'euros. Sur douze mois, la fuite des livrets réglementés dépasse désormais 13 milliards d'euros.
Chiffres clés et encours
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Encours Livret A (fin juin 2026) | 443,7 milliards € |
| Encours LDDS | 164,7 milliards € |
| Nombre de livrets A ouverts (2025) | 57,3 millions |
| Décollecte nette H1 2026 (Livret A + LDDS) | 6,9 milliards € |
| Décollecte de juin 2026 | 1,2 milliard € |
Pourquoi les épargnants fuient-ils ces livrets ?
La principale explication avancée est la baisse sensible de la rémunération l'an dernier : le taux du Livret A, fixé par le gouvernement en fonction de l'inflation, a été réduit de 3 % à 1,5 %. Ce niveau a affaibli l'attractivité relative des livrets par rapport à d'autres placements défensifs.
- Les fonds en euros de l'assurance-vie ont proposé en 2025 un rendement moyen d'environ 2,6 %, supérieurs au Livret A.
- La hausse de rémunération annoncée pour le 1er août 2026 n'a pas suffi à inverser la tendance en juin.
- Les livrets restent néanmoins sans fiscalité ni prélèvements sociaux, ce qui demeure un atout pour de nombreux ménages.
Conséquences et enjeux
La décollecte sur les livrets réglementés a plusieurs implications : elle réduit temporairement la disponibilité de ressources à taux bas pour le financement du logement social et des collectivités (mécanismes adossés aux dépôts réglementés), et elle pousse les épargnants à rechercher des rendements plus élevés, parfois avec des horizons ou des risques différents.
Pour les banques, un repli des dépôts sur ces supports peut conduire à des arbitrages entre collecte et placement des liquidités. Pour les ménages, le mouvement illustre un arbitrage entre sécurité, liquidité et rendement : même si l'assurance-vie en fonds en euros a offert un rendement supérieur en 2025, elle n'offre pas la même disponibilité immédiate que le Livret A pour les opérations courantes.
Ce qu'il faut suivre
Les prochains éléments à surveiller sont :
- la mise en œuvre et l'ampleur effective de la hausse de rémunération au 1er août 2026 ;
- l'évolution des rendements des fonds en euros et de l'inflation qui déterminent la fixation du taux réglementé ;
- les comportements de réallocation des ménages entre liquidités, assurance-vie et autres placements sécurisés.
La période confirme que la rémunération effective des produits sans risque, et leur disponibilité, restent des critères déterminants pour l'épargne des Français. Les prochains relevés trimestriels permettront de savoir si la hausse annoncée en août suffira à reconquérir une partie des capitaux sortis depuis un an.