Un ajustement mécanique, sans bonus gouvernemental
Le ministère de l'Économie et des Finances a confirmé le 15 juillet 2026 que le taux du Livret A passera de 1,5 % à 1,7 % à compter du 1er août 2026. Cette hausse résulte de l'application de la formule réglementaire de calcul, qui combine deux paramètres : la moyenne semestrielle de l'inflation hors tabac et le taux des marchés monétaires à court terme (€STR).
Les chiffres à l'origine du nouveau taux
| Indicateur | Valeur (janv.-juin 2026) |
|---|---|
| Moyenne de l'inflation hors tabac | 1,52 % |
| Taux €STR (moyenne semestrielle) | 1,95 % |
| Taux officiel du Livret A au 1er août | 1,7 % |
| Inflation (Insee, juin, sur un an) | 1,8 % |
Un rendement réel toujours négatif
En pratique, le taux nominal de 1,7 % reste inférieur à l'inflation mesurée en juin par l'Insee (+1,8 % sur un an). Autrement dit, les placements en Livret A continuent d'afficher un rendement réel négatif : le pouvoir d'achat des sommes laissées sur ce livret baisse, même après la hausse.
Pas de "coup de pouce" de Bercy
La décision gouvernementale s'aligne sur la recommandation formulée par le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin. L'exécutif n'a pas utilisé la faculté réglementaire de déroger à la formule de calcul pour majorer davantage le taux.
« coup de pouce »
Conséquences sur les comportements d'épargne
La faiblesse du rendement du Livret A se traduit déjà par des mouvements nets sortants : selon la Caisse des dépôts, les retraits ont dépassé les dépôts en juin, marquant un sixième mois consécutif de décollecte. Depuis le début de l'année, les sorties nettes atteignent près de 6 milliards d'euros. Ce phénomène pousse certains épargnants à rechercher des produits plus rémunérateurs, notamment l'assurance-vie ou des livrets bancaires promotionnels.
- Rendement réel : le Livret A reste sous l'inflation, donc perdant en pouvoir d'achat.
- Flux d'épargne : six mois de décollecte et près de 6 milliards d'euros sortis depuis janvier.
- Volatilité des prix : la hausse des prix de l'énergie liée aux tensions internationales pourrait maintenir une inflation supérieure au taux du Livret A.
Ce que cela signifie pour les épargnants
Cette revalorisation automatique est positive en valeur absolue, mais insuffisante pour compenser l'érosion du pouvoir d'achat. Les épargnants doivent désormais arbitrer entre la sécurité et la liquidité du Livret A et la recherche de rendements plus élevés — avec des contraintes fiscales, un horizon et un niveau de risque différents — sur d'autres supports. Les choix dépendront du besoin de disponibilité des fonds, du montant épargné et de l'appétence au risque.
Sur le plan macroéconomique, un Livret A moins attractif peut orienter des volumes d'épargne vers des produits plus risqués ou moins réglementés, ce qui pèsera sur la collecte des banques et sur les ressources de financement des acteurs publics à travers la Caisse des dépôts.
En l'état, l'exécutif a privilégié la neutralité : application de la règle en vigueur sans revalorisation exceptionnelle, laissant la rémunération officielle du livret réglementé légèrement en-deçà de l'inflation actuelle.