Un relèvement insuffisant pour freiner les sorties
Le récent ajustement du taux du Livret A porté à 1,7 % (décidé le 15 juillet par la Banque de France pour application au 1er août) intervient dans un contexte où les Français désengagent massivement ce produit réglementé. Selon la Caisse des dépôts et des consignations, pour la première fois depuis 2008 les retraits ont dépassé les versements de 5,93 milliards d'euros au 30 juin.
Cette situation s'explique en partie par la conjoncture : l'inflation a atteint 1,8 % en juin, soit un niveau légèrement supérieur au nouveau rendement du Livret A. Autrement dit, même après revalorisation, l'épargne sur Livret A perd encore du pouvoir d'achat si l'inflation se maintient à ce niveau.
Vers d'autres enveloppes garanties par l'État
Les Français se tournent donc vers d'autres solutions, parmi lesquelles plusieurs produits garantis par l'État restent attractifs selon les situations fiscales et l'âge d'ouverture :
- Livret d'épargne populaire (LEP) : taux à 2,5 %, exonération d'impôt sur les intérêts. L'accès est toutefois soumis à des plafonds de revenu fiscal de référence.
- Plan épargne logement (PEL) : rendement variable selon la date d'ouverture. Tous les PEL ouverts depuis le 1er janvier 2026 rapportent 2 %, mais ces contrats ouverts récemment sont soumis à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.
- PEL anciens (juin 2000 - juillet 2003) : certains bénéficient encore d'un taux de 3,27 % et conservent ce taux « à vie », un avantage important par rapport aux PEL ouverts après 2011, désormais limités à une durée de conservation maximale.
- Livret jeune : solution intéressante pour les moins de 25 ans, dépendant du taux proposé par chaque établissement et limitée par un plafond de dépôts relativement bas.
Les livrets boostés et les limites des offres commerciales
Sur le marché bancaire, des superlivrets et offres promotionnelles affichent parfois des taux attractifs (jusqu'à 5 % ou plus pour certaines opérations commerciales). Mais ces taux sont souvent temporaires et assortis de conditions (durée limitée, plafond de versement, ou nécessité d'ouverture d'un compte courant dans la banque promotrice). Les comparaisons doivent donc se faire sur le rendement net après fiscalité et sur la pérennité de la rémunération.
| Produit | Taux cité | Fiscalité / contraintes |
|---|---|---|
| Livret A | 1,7 % | Exonération d'impôt et de prélèvements sociaux |
| LEP | 2,5 % | Exonéré d'impôt, soumis à conditions de ressources |
| PEL (ouvert depuis 01/01/2026) | 2,0 % | Imposable (impôt + prélèvements sociaux) |
| PEL (juin 2000 - juil. 2003) | 3,27 % | Taux figé et conservation possible à vie |
Quels arbitrages pour les épargnants ?
Le choix entre Livret A, LEP, PEL ancien ou offres commerciales dépend de plusieurs critères : niveau d'imposition, plafond de dépôts, besoin de liquidité, et horizon temporel. Par exemple, le LEP peut paraître plus rentable en net pour un foyer éligible, tandis qu'un ancien PEL à 3,27 % reste rare et précieux pour qui le détient.
En outre, les livrets bancaires promotionnels peuvent offrir un rendement supérieur à court terme, mais leur taux redescend souvent ensuite et ils peuvent être limités en plafond ou en durée.
Conséquences pour l'épargne nationale
La décollecte observée sur le Livret A, qui joue un rôle central dans l'intermédiation et le financement du logement social, peut amener à une recomposition des flux d'épargne vers des produits plus rémunérateurs ou fiscalement optimisés. Pour l'épargnant individuel, l'enjeu est clair : comparer les rendements nets, tenir compte des conditions d'accès et vérifier la pérennité des taux avant d'arbitrer.