Un relèvement limité, entériné par la formule
Le 1er août, le taux du Livret A — également celui du LDDS — passera à 1,70% net, soit une progression de +0,20 point. Le ministère de l’Économie a suivi la recommandation de la Banque de France, appliquant strictement la formule de calcul légale. Produit d’épargne le plus diffusé en France, avec 83% des ménages détenteurs, le Livret A bénéficie donc d’un ajustement modeste.
Conséquence concrète, le gain d’intérêts induit par cette hausse sera très contenu : 1 euro supplémentaire par tranche de 1 000 € d’encours sur les 6 prochains mois. En d’autres termes, l’impact sera perceptible mais marginal pour la plupart des épargnants.
Un rendement 2026 sous l’inflation attendue
Au-delà du relèvement d’août, la tendance reste défavorable en termes de pouvoir d’achat de l’épargne. Le taux moyen du Livret A en 2026 est annoncé à 1,60%, quand l’inflation est attendue autour de 2%. Cet écart signale une rémunération réelle négative, malgré la sécurisation du capital et l’exonération fiscale du produit.
Dans ce contexte, la collecte du Livret A et du LDDS, déjà très nettement dans le rouge en 2026, ne devrait pas être relancée par cette seule revalorisation. Les flux d’épargne pourraient continuer de s’orienter vers des supports au profil rendement/risque différent.
LEP et assurance vie : les alternatives qui s’imposent
Le Livret d’épargne populaire (LEP) conservera le 1er août son taux net de 2,50%. Selon l’analyse, c’est le seul livret réglementé à devancer à la fois les fonds en euros et l’inflation. Cette stabilité peut être lue comme la volonté des pouvoirs publics d’acter la fin des « coups de pouce » répétés au LEP, après une séquence de hausses qui a dopé l’attractivité du produit.
Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, estime que l’objectif de ces coups de pouce est « rempli ».
La diffusion du LEP en témoigne : le nombre de titulaires dépasse désormais 12 millions, contre 7 millions en 2020. Le périmètre du public éligible et le différentiel de rémunération avec le Livret A ont visiblement joué à plein.
Côté assurance vie, les fonds en euros affichent pour 2026 un rendement moyen attendu sensiblement supérieur à celui du Livret A. Sans chiffrage précis à ce stade, la hiérarchie de rémunération suggérée par les données disponibles soutient l’idée d’un avantage comparatif pour ces supports capitalisés, tout en rappelant qu’ils ne bénéficient pas de la liquidité et du plafond des livrets réglementés.
Comparatif instantané des produits évoqués
| Produit | Taux / Indication | Statut au 1er août |
|---|---|---|
| Livret A | 1,70% net | Hausse de +0,20 pt |
| LDDS | 1,70% net | Aligné sur le Livret A |
| LEP | 2,50% net | Pas de changement |
| Inflation (attendue) | ~2% | Au-dessus du Livret A moyen 2026 |
| Fonds en euros (2026) | Rendement attendu > Livret A | Sans chiffre officiel |
Arbitrages : sécurité, fiscalité et pouvoir d’achat
Face à un Livret A sécurisé, liquide et net de fiscalité, mais sous l’inflation attendue, les épargnants font arbitre entre disponibilité immédiate, rendement potentiel et horizon de placement. Les fonds en euros devraient, en moyenne, mieux rémunérer en 2026, mais avec des règles de sortie et une fiscalité spécifiques. De leur côté, les ménages éligibles au LEP conservent un avantage net, sans changement de taux au 1er août.
- Livret A/LDDS : sécurisés, défiscalisés, 1,70% net au 1er août ; gain additionnel limité à 1 € par 1 000 € sur 6 mois.
- LEP : 2,50% net, stabilité confirmée ; diffusion en hausse (plus de 12 millions de titulaires).
- Assurance vie – fonds en euros : rendement 2026 attendu supérieur au Livret A, sans chiffrage arrêté.
À noter pour les ménages
L’allocation de rentrée scolaire concerne chaque année plus de 3 millions de familles. Son montant a été revalorisé de 0,8%, avec des versements opérés en août et un démarrage dès le 4 août Outre-mer, selon les informations disponibles.
Dans l’immédiat, la décision de s’en tenir à la formule sans « coup de pouce » maintient l’écart entre les livrets les plus diffusés et l’inflation anticipée. Les prochains mois diront si la collecte se redresse ou si l’épargne continue de privilégier les alternatives mieux rémunérées.