Un tour de vis fiscal en faveur des salariés dès 2027
Le gouvernement marocain, par le biais du projet de loi de Finances (PLF) présenté le 23 octobre 2026, propose une série de modifications de l'impôt sur le revenu (IR) qui doivent commencer à s'appliquer au 1er janvier 2027. L'objectif affiché est de laisser davantage de revenu disponible dans les comptes des salariés sans procéder à une hausse des salaires bruts.
Parmi les mesures annoncées, deux dispositifs clés entreront en vigueur dès 2027 :
- relèvement du plafond annuel du revenu net imposable exonéré de 40 000 à 60 000 dirhams ;
- augmentation de la déduction forfaitaire pour frais professionnels à 45%, avec un plafond annuel fixé à 35 000 dirhams.
Ces ajustements visent à réduire la base imposable pour un large nombre de contribuables. Le ministre de l'Économie, des Finances et de la Performance publique, Fouzi Lekjaâ, a avancé une projection selon laquelle 87,1% des salariés seraient exonérés d'impôt sur le revenu après l'entrée en vigueur de ces mesures. Pour ceux dont le prélèvement diminuera sans disparaître, le gain mensuel attendu est estimé à environ 500 dirhams la première année.
«La réforme de l’Impôt sur le Revenu au Maroc, qui sera déployée progressivement entre 2027 et 2031, peut à juste titre être qualifiée d’historique»,
déclare Mohammed Kadous, doyen de la FSJES de Meknès, cité dans les éléments fournis lors de la présentation au Parlement.
Barème et calendrier : transition vers 2031
Le PLF pose aussi les jalons d'une refonte plus profonde du barème, laquelle est programmée pour une mise en œuvre complète en 2031. Le système envisagé comporterait cinq tranches d'imposition avec des taux compris entre 10% et 37%, un schéma que les autorités jugent nécessaire pour alléger la pression fiscale pesant sur la classe moyenne.
| Mesure | Valeur |
|---|---|
| Plafond d'exonération annuel (actuel → projeté) | 40 000 → 60 000 dirhams |
| Déduction forfaitaire pour frais professionnels | 45% (plafond annuel 35 000 dirhams) |
| Exonération annoncée des rémunérations mensuelles | < 10 000 dirhams |
| Part des salariés visés par l'exonération | 87,1% |
Conséquences pratiques et limites
Concrètement, la combinaison du relèvement du seuil exonéré et de la déduction forfaitaire doit élargir la fraction de revenus non imposable et diminuer la base pour le calcul de l'IR. Toutefois, il faudra distinguer le repère mensuel cité par le ministre — la mention d'une exonération pour les rémunérations inférieures à 10 000 dirhams — du plafond annuel de 60 000 dirhams : le lien entre salaire mensuel et revenu annuel imposable dépendra des modalités de calcul retenues et des éventuelles règles d'abattement pratiques.
Enfin, si les premières retouches entreront en vigueur en 2027, la transformation complète du barème reste différée à 2031, ce qui signifie que l'impact définitif sur la progressivité de l'impôt et sur les recettes publiques devra être apprécié au fil des réformes et des évaluations économiques.
Pour qui et pour quoi ?
- Concernés : une large majorité des salariés selon le gouvernement (projection de 87,1% exonérés) ;
- Impact immédiat : gain mensuel moyen annoncé ~500 dirhams pour la plupart des bénéficiaires ;
- Horizon complet : refonte totale du barème prévue pour 2031.