Un appel à la mobilisation sur fond de contestation des marges et de la fiscalité
Le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, a lancé vendredi un ultimatum au gouvernement : si l'exécutif ne prend pas de mesures rapides pour faire baisser le prix des carburants, il appellera « à se mobiliser sur les ronds-points » et devant les lieux du pouvoir. L'intervention, diffusée sur France 2, associe revendications fiscales et ciblage des acteurs de la distribution d'essence.
Sur le plan des mesures immédiates, Roussel réclame deux décisions précises :
- la suppression des « certificats d'économie d'énergie » intégrés selon lui au prix du litre d'essence depuis le 1er janvier — qu'il estime à 0,15 € par litre ;
- la baisse de la TVA sur les carburants de 20 % à 5,5 %.
Selon ses calculs, ces deux mesures combinées donneraient immédiatement –0,30 € par litre d'essence. Il a aussi appelé l'État à intervenir sur des groupes pétroliers, citant notamment Total et Rubis (qui alimente la Corse), pour obtenir une réduction des prix à la pompe.
« Si le gouvernement n'agit pas dans les jours qui viennent, j'appelle les Français à se mobiliser… sur les ronds-points »
Cette prise de position s'inscrit dans un registre revendicatif déjà audible cet été chez d'autres personnalités : la candidate à la primaire socialiste Ségolène Royal a également proposé une approche par la TVA, estimant qu'un litre d'essence « ne doit pas dépasser 1,70 euro », et dénonçant l'accroissement des marges dans la filière de raffinage.
La réponse du gouvernement et les limites des propositions
Face à ces demandes, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a écarté la piste d'une baisse généralisée des taxes sur les carburants. Elle a rappelé la préférence de l'exécutif pour des aides ciblées, « destinées à ceux qui en ont le plus besoin ». Ce choix met en lumière un dilemme fréquent : alléger la fiscalité pétrolière bénéficie largement aux ménages comme aux entreprises, mais pèse fortement sur les recettes publiques et peut contredire des objectifs climatiques.
Sur le plan économique, la demande de Roussel met en lumière trois enjeux simultanés :
- la composition du prix du carburant à la pompe (part taxes vs part marge/distribution) ;
- la capacité de l'État à contraindre des groupes privés sur les prix ;
- le lien entre coût du carburant et géopolitique, rappelé par Roussel qui évoque le « coût de la guerre » en Ukraine.
Conséquences politiques et impact pour les consommateurs
Politiquement, l'appel à la mobilisation est une tentative de raviver la pression sociale sur la question du pouvoir d'achat — une thématique sensible en période électorale. Pour les ménages, une baisse de 0,30 € par litre serait perceptible à la pompe : sur un plein de 50 litres, cela représente environ 15 € d'économie. Reste à savoir si l'État choisira la voie d'une mesure générale (coûteuse pour les finances publiques) ou des dispositifs ciblés vers les foyers les plus vulnérables, comme le gouvernement l'a déjà indiqué.
| Mesure revendiquée | Impact revendiqué |
|---|---|
| Suppression des certificats d'économie d'énergie | –0,15 € / litre |
| Baisse de la TVA de 20 % à 5,5 % | Complément pour atteindre –0,30 € / litre au total (selon Roussel) |
En l'état, ces propositions relanceront le débat public sur la meilleure manière de concilier soutien au pouvoir d'achat, soutenabilité budgétaire et objectifs climatiques. Si le gouvernement reste sourd, l'éventualité d'une mobilisation sur les ronds-points ramènera des images et des demandes comparables à celles de 2018, avec un enjeu politique clair pour la campagne présidentielle.