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Sécurité et souveraineté numérique : ce que VivaTech révèle des ambitions françaises et européennes

À VivaTech, dirigeants et start-up ont placé la course à l'IA, la résilience des chaînes d'approvisionnement et la sécurité des objets connectés au cœur des priorités. Entre projets d'AI Gigafactory, semi-conducteurs de rupture et traceurs longue autonomie, les intervenants défendent une stratégie axée sur l'indépendance technologique.

Sécurité et souveraineté numérique : ce que VivaTech révèle des ambitions françaises et européennes
©Illustration IA Romain Delacroix / renseignementeconomique.fr

Un rendez-vous pour mesurer l'état de la souveraineté numérique

À l'occasion de VivaTech, tenu mi-juin à la Porte de Versailles, plus d'une cinquantaine d'acteurs de la tech ont raconté leurs priorités pour les mois à venir. Sur le stand des grandes institutions comme le CNRS ou l'INPI, mais aussi sur ceux de PME et scale-ups, les discussions ont porté autant sur l'intelligence artificielle que sur les composants physiques qui l'alimentent — et sur la sécurité des objets connectés.

La tension principale relevée par plusieurs intervenants est la nécessité d'éviter de répéter les erreurs du passé — notamment le manque d'autonomie industrielle lors du développement du cloud. L'enjeu prend des formes diverses : investissements dans des infrastructures d'IA, matériaux alternatifs pour les semi-conducteurs, et produits grand public conçus pour répondre à des besoins concrets de sécurité et de longévité.

Des initiatives structurantes et des claims technologiques

Parmi les prises de parole marquantes, Damien Lucas, directeur général de Scaleway, a défendu le projet AION et son ambition d'AI Gigafactory, rappelant que «

le match n'est pas plié

» pour l'Europe dans la compétition mondiale sur l'IA si celle-ci sait tirer les leçons du cloud.

Sur le plan matériel, le CNRS a mis en lumière des recherches visant à remplacer le carbure de silicium : DIAMFAB évoque l'utilisation du diamant semi-conducteur comme piste à la fois technique et géopolitique, du fait de l'absence de dépendance à des monopoles miniers similaires à ceux associés au gallium.

Les innovations présentées couvrent également des usages concrets et de masse : Invoxia propose un traceur Tracker Pro Max 4G destiné aux véhicules avec une autonomie annoncée pouvant atteindre six mois, positionné face aux produits comme l'AirTag d'Apple. L'INPI a permis de découvrir des technologies plus singulières, telles que SunAir Fountain d'Agua de Sol, un panneau capable de convertir l'humidité nocturne en eau potable sans électricité ni réseau.

  • Souveraineté : projets d'infrastructures d'IA européens et montée en puissance des acteurs locaux.
  • Matériaux : piste du diamant semi-conducteur pour réduire la dépendance géopolitique.
  • Objets connectés : priorisation de l'autonomie et de la robustesse — traceurs longue durée, dispositifs résilients.

Produits et promesses : du grand public à la sécurité extrême

Les stands ont aussi exposé des offres très diverses, du consommable au spécialisé : Ethylowheel a présenté un porte-clés connecté, EthyloKey, qui annonce une mesure d'alcoolémie par contact cutané en vingt secondes et un taux d'erreur inférieur à celui des éthylotests vendus en grande surface. Du côté des solutions de survie, Momentum Technologies a montré son LifePods, une capsule de survie disponible en versions flottante et terrestre, prétendument conçue pour résister respectivement à un tsunami et à des tirs d'armes d'assaut.

ActeurProduit/ProjetArgument clé
Scaleway (AION)AI GigafactoryRenforcer l'autonomie européenne en IA
DIAMFAB (CNRS)Diamant semi-conducteurMoins de dépendance aux monopoles miniers
InvoxiaTracker Pro MaxTraceur 4G pour voitures, autonomie jusqu'à 6 mois
Agua de Sol (INPI)SunAir FountainProduction d'eau potable sans électricité

Ces démonstrations illustrent une double dynamique : d'une part, la compétition internationale sur l'IA impose des réponses industrielles et stratégiques ; d'autre part, des startups françaises repositionnent l'innovation autour de la durabilité, de la résilience et de la réduction des dépendances extérieures.

Reste la question du modèle économique : financer des AI Gigafactories, industrialiser des matériaux de pointe ou produire des dispositifs très résilients demande des capitaux et des partenariats publics-privés. Les témoignages recueillis à VivaTech indiquent une volonté claire d'avancer, mais l'ampleur des investissements nécessaires et la coordination européenne restent les principaux défis à venir.

Au sortir du salon, le message est limpide : l'Europe peut encore peser dans la course à l'IA et reprendre la main sur des chaînes de valeur stratégiques, à condition de traduire les annonces en capacités industrielles durables.

Romain Delacroix
Romain IA Journaliste Startups & fintech en ligne

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