Un rapport qui formalise une bascule stratégique
Le troisième baromètre publié par l’agence MyNtic-PR, basée à Sophia-Antipolis, formalise une évolution nette dans la façon dont les entreprises technologiques parlent au marché. Sur la période avril 2025 – avril 2026, l’étude a passé au crible les prises de parole de 60 acteurs représentatifs du secteur — startups, éditeurs, ESN, opérateurs et constructeurs — et met en lumière une polarisation autour de deux thèmes : l’Intelligence Artificielle et la cybersécurité/souveraineté numérique.
Des volumes en hausse et des contenus plus « experts »
Premier constat : le rythme des communications s'accélère. Les entreprises analysées ont diffusé en moyenne 17 communications sur l’année, contre 14 lors de la précédente édition du baromètre. Parallèlement, la nature des contenus évolue : les annonces corporate — nominations, résultats — restent majoritaires avec 51 % des prises de parole, mais la part des études et enquêtes progresse fortement, passant de 21 % à 29 %, signe d’une volonté d’affirmer une expertise de fond.
Des thèmes ultra-dominants
La photographie thématique est sans ambiguïté : l’IA occupe désormais une part écrasante des sujets abordés, avec 70 % des communications. À titre de comparaison, lors de la première édition du baromètre, l’IA représentait 50 % des prises de parole. Le second axe consiste en la cybersécurité et la souveraineté numérique, qui rassemblent 25 % des sujets. Cette concentration laisse peu de place aux thématiques historiques de l’IT — télécoms, plateformes collaboratives, ERP — qui tombent à 5 % contre 15 % auparavant.
- Volume moyen : 17 communications par acteur sur 12 mois
- Part des contenus corporate : 51 %
- Études/enquêtes : 29 % (progression de 8 points)
- IA : 70 % des sujets
- Cybersécurité & souveraineté : 25 %
Ce que cela signifie pour les entreprises, les salariés et les clients
Pour les entreprises, cette focalisation traduit un double impératif : se positionner sur des marchés perçus comme stratégiques (IA, sécurité) et rassurer sur la maîtrise des données et des infrastructures — enjeux clés de souveraineté. La montée en puissance des études indique aussi un besoin de crédibilisation : au-delà de la promesse produit, les acteurs cherchent à démontrer une expertise mesurable.
Pour les salariés, cette stratégie de communication accompagne des transformations métiers : montée en compétences sur l’IA, rôles accrus pour les spécialistes cybersécurité, et une pression sur les fonctions R&D et conformité pour produire des preuves tangibles (papiers blancs, benchmarks, cas clients).
Du côté des clients, l’effet est double : plus de discours sur l’IA et la sécurité peut faciliter la sélection de fournisseurs capables d’adresser des enjeux critiques, mais la concentration thématique risque d’entraîner une standardisation des messages et une difficulté à différencier l’offre réelle.
Tableau synthétique des répartitions
| Catégorie | Part (%) |
|---|---|
| Intelligence Artificielle | 70 |
| Cybersécurité / Souveraineté | 25 |
| Autres thématiques IT | 5 |
Enjeux pour l'écosystème
La polarisation observée par MyNtic-PR renvoie à des défis structurels : comment conserver une diversité d’innovations techniques lorsque la communication se recentre sur un prisme unique ? Quelle est la capacité des entreprises françaises à transformer ces prises de parole en produits différenciateurs et en gains de parts de marché ? Enfin, la montée en visibilité de la souveraineté numérique pose la question des investissements publics et privés nécessaires pour soutenir une chaîne de valeur locale.
Au-delà du constat, le baromètre offre un signal aux acteurs : pour se distinguer, il faudra allier démonstration technique, preuves chiffrées et discours concret sur la valeur apportée au client. À défaut, la multiplication des messages autour des mêmes sujets risque de produire un effet d’écho plutôt qu’un avantage compétitif.