Des soldes moroses au cœur du Pays, reflet d'un malaise national
À Marmande, comme dans de nombreuses villes françaises, les semaines de soldes estivales (24 juin–28 juillet) n'ont pas permis de redresser la fréquentation des boutiques. Les commerçants interrogés dressent un constat unanime : « Les soldes ne sont pas bonnes », résume le gérant d'une boutique d'habillement. Selon Marielle Denaules, présidente de l'association des commerçants du centre-ville, les flux de clientèle ont chuté de 10 à 15 % par rapport à la même période l'an passé.
Cette baisse de fréquentation pèse directement sur les recettes des commerces, déjà fragilisés par des vagues climatiques exceptionnelles et l'altération du comportement d'achat. La chaleur extrême a découragé les sorties et réduit la durée des parcours commerçants dans les centres-villes, un facteur structurel de perte de chiffre d'affaires sur une période habituellement propice aux achats.
Chaleur, carburant et inquiétude : un trio qui pèse sur le pouvoir d'achat
Les acteurs locaux mettent en avant trois causes principales :
- La chaleur : des épisodes caniculaires répétés qui limitent les déplacements.
- Le coût du carburant : davantage de dépenses de transport qui rognent le budget consacré aux achats.
- L'incertitude économique : un climat anxiogène qui freine la consommation et la projection des ménages.
Pour les commerçants, ces facteurs se traduisent par une concentration des ventes sur les périodes clés (soldes, Noël) et une fragilisation croissante des petites et moyennes structures des centres-villes. À Marmande, la présidente cite un fait révélateur : les soldes d'hiver avaient déjà été marquées par des aléas météorologiques, et la situation ne s'améliore pas.
« À de tels niveaux de température, arpenter les rues est compliqué, les gens n’ont pas envie de sortir »
Les professionnels locaux espèrent des mesures d'aménagement urbain pour rendre les parcours commerçants plus attractifs : l'ombrage de rues, évoqué dans le cadre du budget participatif municipal 2025, est ainsi attendu par plusieurs commerçants pour atténuer l'impact des fortes chaleurs.
Un poids économique concentré sur quelques périodes
Les commerçants rappellent aussi que les soldes, avec Noël, représentent une part significative du chiffre d'affaires annuel. À Marmande, la référence donnée est que ces deux périodes peuvent constituer en moyenne 60 % du chiffre d'affaires pour certains commerces. Une dépendance qui rend d'autant plus vulnérables les professionnels lorsque l'une de ces périodes est compromise.
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Baisse de fréquentation | 10–15 % |
| Part du chiffre d'affaires sur soldes + Noël | 60 % |
À l'heure où les commerçants cherchent des leviers pour retrouver des clients, la combinaison d'aléas climatiques et de pressions sur le pouvoir d'achat impose des solutions tant nationales que locales : adaptation des centres-villes, aides ciblées aux petits commerces et mesures pour limiter l'impact des hausses de coûts sur les ménages. Sans cela, de nombreux commerçants resteront exposés à des saisons commerciales de plus en plus incertaines.