Une hausse mesurée mais signifiante du chômage des jeunes
Le dernier rapport annuel de l'Organisation internationale du travail (OIT) confirme une dégradation du marché du travail des jeunes : le taux de chômage mondial des 15-24 ans est passé à 12,4% en 2025, contre 12,3% l'année précédente. Derrière cette variation apparemment marginale se profile une réalité lourde : 67 millions de jeunes sont privés d'emploi.
Le phénomène des NEET se renforce
Parallèlement, la proportion de jeunes classés NEET — ni en emploi, ni en études, ni en formation — atteint 20% en 2025, soit plus de 257 millions d'individus concernés. L'OIT souligne que cette tendance n'est pas uniformément répartie : elle touche particulièrement les économies à revenu élevé, où l'accès des jeunes à des emplois de départ semble se raréfier.
Quand l'intelligence artificielle redessine les opportunités d'entrée
Le rapport met en relation cette dégradation avec les transformations technologiques, et singulièrement l'essor de l'intelligence artificielle. Les métiers de qualification intermédiaire, traditionnellement tremplins vers l'emploi durable, sont remodelés : certains postes s'automatisent, d'autres voient leurs compétences requises évoluer rapidement.
- 12,4% : taux de chômage des jeunes en 2025.
- 67 millions : jeunes sans emploi en 2025.
- 20% / 257 millions : part et nombre de NEET en 2025.
Conséquences pour les jeunes, les employeurs et les politiques publiques
Pour les jeunes, la conjonction d'un marché du travail tendu et d'une recomposition des compétences impose une double réponse : adapter la formation initiale et accélérer l'accès à des formations courtes axées sur les nouvelles technologies et les compétences transversales. Pour les employeurs, la mutation demande une stratégie active de reconversion et de tutorat : recruter un jeune sans expérience ne revient plus seulement à lui apprendre un métier, mais à lui permettre d'acquérir des compétences numériques en évolution.
Ce que prévoit l'OIT et ce qui reste à faire
L'Organisation anticipe une stabilisation du taux de chômage jeune à 12,3% pour 2026 et 2027, mais cette projection ne dissipe pas les inquiétudes. Stabiliser un taux ne suffit pas si la qualité des emplois offerts demeure faible et si la part des NEET continue d'augmenter. Les mesures publiques devront être ciblées : accompagnement vers l'emploi, partenariats formation-entreprises, soutien aux transitions professionnelles et dispositifs d'insertion adaptés aux secteurs transformés par l'IA.
Tableau de synthèse
| Indicateur | Valeur 2025 |
|---|---|
| Taux de chômage des jeunes | 12,4% |
| Nombre de jeunes sans emploi | 67 millions |
| Part de NEET | 20% (257 millions) |
| Projection OIT pour 2026-2027 | 12,3% (taux stabilisé) |
Le rapport de l'OIT fixe un diagnostic clair : l'IA accélère la redéfinition des métiers accessibles aux jeunes. Au-delà des projections, c'est la capacité des systèmes éducatifs, des acteurs publics et des entreprises à orchestres ces transitions qui déterminera si les prochaines générations trouveront des parcours d'insertion solides ou resteront durablement marginalisées.
À retenir : le chiffre global peut sembler stable, mais il masque une recomposition profonde des voies d'accès au marché du travail. Sans adaptation rapide des formations et des politiques d'emploi, la génération 2025 risque de porter le coût social et économique de cette transformation.