Une plainte vise un « système » d'emplois à la RATP et interroge l'usage des ressources publiques
AC !! Anti‑Corruption a porté plainte contre X auprès du Parquet national financier (PNF), affirmant l'existence d'un « système organisé et structuré d'emplois fictifs » qui aurait bénéficié à des élus parisiens et franciliens, de tous bords. L'association s'appuie en particulier sur des enquêtes publiées par Le Canard enchaîné, complétées par des articles de Mediapart et Marianne.
Dans son dépôt, AC !! évoque notamment le cas d'Bally Bagayoko, nouveau maire de Saint‑Denis, visé par une précédente plainte de l'association et mis en cause par Le Canard enchaîné pour un cumul d'activités. La plainte actuelle porte sur des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme et faux et usage de faux.
« un système organisé et structuré d'emplois fictifs »
La RATP nie toute pratique de complaisance
Interpellée publiquement, la RATP a rejeté les accusations. Dans un message publié sur X, la régie affirme démentir les allégations d'emploi de complaisance et assure respecter les règles de droit commun, y compris la loi du 22 décembre 2025. La société souligne ainsi sa volonté de se défendre face à des imputations qui, si elles étaient avérées, révéleraient un dysfonctionnement majeur du service public et de l'affectation des moyens humains.
Ce que révèlent les médias et ce que la plainte demande
Le Canard enchaîné avance que « quelque deux cents élus » auraient bénéficié d'un emploi à la RATP à plein temps mais « pas très prenant ». AC !! Anti‑Corruption s'appuie sur ce type d'éléments pour estimer qu'il y aurait lieu d'enquêter à grande échelle, au‑delà des cas individuels déjà évoqués.
| Éléments cités | Source |
|---|---|
| Plainte déposée | AC !! Anti‑Corruption (déclaration à l'AFP) |
| Visé dans la première plainte | Bally Bagayoko (Le Canard enchaîné) |
| Nombre d'élus évoqué | « quelque deux cents élus » (Le Canard enchaîné) |
Conséquences pour les salariés et les élus
Sur le plan professionnel, l'enquête annoncée par la plainte peut provoquer plusieurs effets :
- Pour les salariés de la RATP : une mise sous tension des services RH et des procédures internes si des vérifications massives sont ordonnées par la justice.
- Pour les élus concernés : la perspective d'enquêtes individuelles, avec un risque réputationnel immédiat, indépendamment de toute poursuite pénale ultérieure.
- Pour l'employeur public : un impératif de transparence et de preuve du respect des règles de recrutement et d'affectation des agents.
La saisine du PNF signifie que l'affaire pourrait être traitée au niveau national et concerner davantage que des dossiers locaux isolés. Les investigations dépendront désormais de l'ouverture d'une information judiciaire ou d'une instruction préliminaire par le parquet.
Dans ce contexte, la confrontation entre les allégations publiées par la presse et le démenti formel de la RATP doit être suivie de près : au‑delà des titres et des noms, ce qui est en jeu, c'est la gestion des emplois publics et la confiance dans les institutions franciliennes qui gèrent un service essentiel pour des millions d'usagers.