Un recul marqué des intentions d'embauche dans les très petites entreprises
Le dernier baromètre du Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI) dresse un constat préoccupant pour l'emploi : seules 13 % des très petites entreprises disent actuellement être à la recherche de personnel, contre 22 % au début de 2024. Ce désengagement des projets d'embauche survient alors que le taux de chômage en France affiche 8,3 % au deuxième trimestre 2026.
Pour les dirigeants de ces structures, la décision de ne pas remplacer ou d'arrêter d'embaucher n'est pas neutre : elle reflète une détérioration des comptes et une capacité d'absorption qui s'érode. Le SDI note que 65 % des entreprises interrogées subissent une baisse de chiffre d'affaires et que 70 % voient leur marge nette se réduire. Dans ce contexte, plus d'un dirigeant sur deux — 52 % — se rémunérerait désormais en dessous du SMIC.
Quels freins à l'embauche ?
Le principal obstacle cité par les patrons de TPE est l'alourdissement des charges : 75 % évoquent les cotisations et les impôts comme frein majeur au recrutement. Ce diagnostic nourrit l'appel du SDI à une prise en compte renforcée de la capacité d'embauche des petites entreprises dans les politiques publiques.
- Diminution des recrutements : passage de 22 % à 13 % en deux ans des TPE en recherche de personnel.
- Pression sur les marges : 70 % des TPE voient leur marge nette diminuer.
- Contraintes financières : 52 % des dirigeants se paient moins que le SMIC ; 75 % pointent les charges comme principal frein.
Conséquences pour le marché du travail
Sur le terrain, ce report des recrutements se traduit par moins d'opportunités pour les demandeurs d'emploi et par une fragilisation des parcours professionnels locaux : alternances, premiers emplois et emplois de proximité risquent d'être les premiers touchés. Pour les TPE elles-mêmes, la stratégie de résistance — réduire les dépenses, limiter les embauches, voire diminuer la rémunération du dirigeant — peut retarder l'ajustement, mais seule la poursuite d'une activité atone conduit parfois à des suppressions de postes.
Chiffres clefs
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Taux de chômage (T2 2026) | 8,3 % |
| % de TPE en recherche de personnel | 13 % (vs 22 % début 2024) |
| % de TPE avec baisse de CA | 65 % |
| % de dirigeants payés < SMIC | 52 % |
| Principal frein à l'embauche | 75 % : charges sociales et fiscales |
Ce que cela change pour les acteurs
Pour les salariés et demandeurs d'emploi, la contraction des recrutements dans les TPE signifie moins d'offres locales, une concurrence accrue sur les postes disponibles et un risque sur les renouvellements d'emploi. Pour les dirigeants, la tentation de différer les embauches est compréhensible mais peut peser sur la capacité à répondre à une reprise éventuelle ou à saisir des marchés. Enfin, pour les pouvoirs publics, ces chiffres posent la question de l'efficacité des dispositifs de soutien ciblés sur les micro-entreprises et des mesures allégeant le coût du travail.
Le SDI relie également ces difficultés à des indicateurs macroéconomiques : selon le syndicat, la hausse du chômage et le déficit commercial trimestriel (rapporté à 19,2 milliards d'euros) témoignent d'une demande qui faiblit et de capacités d'investissement amoindries chez les petites structures.