Une détérioration mondiale de l'insertion professionnelle des jeunes
Le dernier rapport de l'Organisation internationale du Travail (OIT), "Tendances mondiales de l'emploi des jeunes 2026 – Retour vers le futur", tire un signal d'alarme : la situation des jeunes de 15 à 24 ans sur le marché du travail s'est aggravée entre 2023 et 2025. Le taux de chômage des jeunes a ainsi atteint 12,4 % en 2025, ce qui représente 67 millions de personnes privées d'emploi.
Ce constat est d'autant plus préoccupant que, selon l'OIT, il ne s'explique pas par une seule crise économique majeure. Le rapport met en avant une conjonction de facteurs structurels — un ralentissement de la croissance mondiale, une réduction des créations d'emplois, des tensions géopolitiques et des mutations technologiques rapides — qui compliquent l'accès à des trajectoires professionnelles stables pour une génération entière.
«La situation actuelle des jeunes sur le marché du travail présente des caractéristiques inédites, en partie parce qu’elle ne repose sur aucune crise économique manifeste»
NEET en hausse : 9 millions de jeunes supplémentaires en deux ans
Au-delà du chômage, l'indicateur des NEET (jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation) a lui aussi augmenté : il passe de 19,7 % en 2023 à 20 % en 2025. Concrètement, cela signifie que 257 millions de jeunes étaient classés NEET en 2025, soit 9 millions de plus en deux ans. Ce phénomène révèle non seulement des difficultés d'accès au premier emploi, mais aussi des lacunes dans les dispositifs de formation et d'accompagnement.
Ce que cela change pour les salariés, demandeurs d'emploi et employeurs
- Pour les jeunes : l'allongement des parcours d'insertion risque de freiner l'acquisition d'expérience et d'entraîner des pertes de revenus et de carrière durables.
- Pour les employeurs : la raréfaction de postes intermédiaires et la nécessité d'adapter les compétences peuvent compliquer le recrutement et pousser à internaliser la formation.
- Pour les politiques publiques : la hausse des NEET appelle à renforcer les transitions école-emploi, les formations courtes et les contrats d'insertion ciblés.
Quelques données clés
| Indicateur | 2023 | 2025 |
|---|---|---|
| Taux de chômage 15-24 ans | 12,3 % | 12,4 % |
| Nombre de jeunes au chômage | — | 67 millions |
| Part des NEET | 19,7 % | 20 % |
| Nombre de NEET | — | 257 millions |
Ces chiffres, fournis par l'OIT et publiés le 11 août 2026, dessinent un paysage mondial où l'absence de reprise forte de la création d'emplois pèse particulièrement sur les plus jeunes. En France, comme dans d'autres pays avancés, la question se pose en termes de politiques de formation, d'apprentissage et d'accès au premier emploi : comment éviter que des cohortes entières n'accumulent du retard d'expérience et ne se retrouvent marginalisées ?
Les recommandations implicites du rapport invitent à combiner mesures macroéconomiques favorisant la croissance créatrice d'emplois et politiques actives d'emploi ciblées sur les jeunes : renforcement de l'apprentissage, aides à l'embauche pour les premiers contrats, accompagnement intensif des NEET et dispositifs modulés selon les secteurs confrontés aux transformations technologiques.
Pour les acteurs du marché du travail, l'enjeu est double : réconcilier l'offre de compétences des jeunes avec les besoins des entreprises et empêcher que la montée des NEET ne creuse des inégalités durables entre générations.