À 39 ans, Tassadit Quivy vient d'être nommée présidente de la French Tech Méditerranée, un rôle qui la place au cœur du débat national sur la représentation, l'innovation et le développement des écosystèmes territoriaux. Son itinéraire, qui va des études de droit aux logiciels sur mesure, offre un angle concret sur la manière dont des profils non traditionnels accèdent aux responsabilités dans la tech.
Un basculement professionnel en prise directe avec les besoins métiers
Première de sa famille à décrocher le baccalauréat, elle s'oriente vers une formation juridique puis se spécialise dans le droit immobilier. Sa carrière salariée dans la promotion immobilière lui permet d'identifier une faiblesse opérationnelle : des processus encore trop dépendants d'outils basiques comme Excel. Cette observation déclenche une transition notable — accompagnée par la rencontre avec Éric Quivy, spécialiste des systèmes d'information — qui se concrétise par la création d'une solution logicielle développée grâce au no-code. C'est le point de départ de Yoo Soft, l'entreprise qu'elle dirige aujourd'hui.
"Quand je fais les choses, je les fais à fond."
Ce mantra, cité dans son portrait, résume une ambition professionnelle doublée d'une exigence personnelle. Le passage de FDI Habitat à Yoo Soft illustre une démarche où l'expérience métier nourrit le produit : identifier un problème chez le client pour bâtir une réponse technologique adaptée.
Une trajectoire personnelle qui résonne
Mère de trois enfants, elle a mis sa carrière entre parenthèses pour élever sa famille, avant de reprendre le chemin de l'entrepreneuriat. Le récit de cette conciliation des temps personnels et professionnels est significatif dans un secteur souvent critiqué pour son modèle de travail intense et ses difficultés à intégrer la parentalité. Son histoire atteste qu'il existe des trajectoires d'ascension non linéaires vers des responsabilités locales et nationales.
- Profil : formée au droit, passée par l'immobilier, devenue dirigeante d'une société de logiciels (Yoo Soft).
- Engagement : présidence de la French Tech Méditerranée, promotion de l'innovation et de la place des femmes dans le numérique.
- Mobilité : trajectoire professionnelle fondée sur une innovation née d'un besoin terrain et sur le recours au no-code.
Conséquences pour l'écosystème
La nomination de Quivy est révélatrice d'une évolution : la gouvernance des structures French Tech locales s'ouvre à des dirigeantes issues de parcours professionnels divers. À l'échelle nationale, cela peut influencer les priorités — plus d'attention aux besoins métier, au soutien des PME locales et à des formats d'innovation pragmatiques. Sa présence à la tête d'une antenne régionale montre aussi la porosité croissante entre territoires et salons internationaux, comme le CES de Las Vegas, où elle a déjà représenté son écosystème.
| Élément | Information |
|---|---|
| Âge | 39 ans |
| Rôle actuel | Présidente de la French Tech Méditerranée |
| Entreprise | Yoo Soft (édition de logiciels) |
| Formation | Études de droit (droit immobilier) |
| Vie personnelle | Mère de trois enfants |
Si son parcours témoigne d'une réussite individuelle, il invite aussi à questionner les leviers qui permettent à d'autres profils similaires d'accéder à la création d'entreprise et aux responsabilités institutionnelles : accès au capital, accompagnement technique, conciliation vie professionnelle/vie familiale et visibilité des modèles non linéaires.
La nomination de Tassadit Quivy met en lumière une ambition plus large : donner à l'innovation régionale des visages variés et opérationnels, capables de traduire des besoins concrets en produits numériques. Pour un écosystème français souvent axé sur les grandes métropoles et les success stories, c'est le signe que la diversité des parcours devient un atout stratégique.