Un recul des transactions sous l'effet des coûts d'emprunt et de la hausse des prix
Le marché résidentiel affiche une nette perte de liquidité au cours du premier semestre, selon une étude de MB Securities (MBS). Les analystes identifient deux moteurs principaux : une remontée des taux d'intérêt des crédits immobiliers et des prix qui restent élevés dans les principales métropoles.
Concrètement, la hausse des coûts d'emprunt — évaluée par MBS entre 1 et 1,5 point de pourcentage par rapport à la même période l'an dernier — pèse sur le pouvoir d'achat des ménages. En parallèle, la progression des prix dans les capitales économiques du pays concentre l'offre sur des segments plus onéreux, limitant l'accès pour les acquéreurs cherchant des logements moyens ou abordables.
Des indicateurs qui se détériorent : moins de ventes, plus d'invendus
Les conséquences chiffrées remontées par l'analyse sont claires : le volume total des transactions (terrains, appartements, maisons) a reculé de 8 % au premier trimestre par rapport à l'an passé, tandis que les stocks disponibles ont augmenté de 28 % depuis le début de l'année. Cette combinaison signale un marché où l'offre ne trouve plus preneur au rythme attendu.
- Baisse des échanges : -8 % de transactions au T1 sur un an.
- Hausse des stocks : +28 % depuis janvier.
- Pression sur les prix : hausse marquée dans les grandes villes, avec des différences de trajectoire selon les segments.
La répartition de l'offre joue un rôle aggravant : l'offre neuve se concentre principalement sur le haut de gamme et le luxe, laissant peu de programmes dans les gammes moyennes et abordables. Les acquéreurs censés soutenir le cœur du marché se retrouvent donc moins servis par l'offre neuve, ce qui alimente l'attentisme.
Des marchés urbains en forte inflation
Les hausses de prix relevées pour le premier trimestre sont spectaculaires dans les deux principales agglomérations citées par MBS : +24 % pour les appartements neufs à Hanoï et +40 % à Hô Chi Minh-Ville par rapport à la même période l'an dernier. Ces chiffres montrent un déplacement net de l'équilibre entre l'offre et la demande sur des marchés métropolitains fortement tendus.
| Indicateur | Variation |
|---|---|
| Volume total des transactions (T1) | -8 % |
| Stocks disponibles | +28 % |
| Taux immobiliers (augmentation annuelle) | +1 à 1,5 point |
| Prix appartements neufs — Hanoï | +24 % |
| Prix appartements neufs — Hô Chi Minh-Ville | +40 % |
Conséquences et leviers possibles
Pour les acquéreurs, la combinaison taux/prix se traduit par une perte de pouvoir d'achat : sur une mensualité donnée, la surface finançable diminue et certains projets sont reportés. Du côté des promoteurs et investisseurs, la hausse des coûts de construction et des taxes foncières alimente l'inflation des prix et fragilise la viabilité de programmes destinés aux classes moyennes.
Plusieurs pistes apparaissent pour restaurer la liquidité : un ralentissement ou une stabilisation des taux, un réalignement de l'offre neuve vers des segments plus accessibles, ou des mesures publiques ciblées pour soutenir l'accès au logement. En l'état actuel, le marché montre surtout une mise en pause des acheteurs, inquiet des conditions de financement et de la dynamique des prix.