Des taux en hausse contenue mais structurellement plus élevés
Après une phase de détente relative, les conditions de financement des achats immobiliers repartent à la hausse. En juin 2026, les taux fixes moyens observés étaient de 3,12 % sur 15 ans, 3,22 % sur 20 ans et 3,30 % sur 25 ans. En août, le courtier Pretto relève des niveaux sensiblement supérieurs : 3,33 % sur 15 ans, 3,44 % sur 20 ans et 3,52 % sur 25 ans.
Pourquoi la remontée pourrait se poursuivre
La dynamique tient en grande partie à l'évolution de l'OAT 10 ans, qui sert de référence aux marchés et aux banques. Cet indicateur a atteint le seuil des 4 % en juillet. Tant que cette tension sur le taux souverain perdurera, les établissements bancaires, qui ajustent parfois leurs barèmes avec un décalage, sont susceptibles de répercuter la hausse sur les nouvelles offres.
«Si l’OAT se maintient durablement autour de 4%, elles pourraient progressivement répercuter cette hausse dans leurs nouveaux barèmes»
Quelles conséquences pour les emprunteurs ?
Concrètement, un acheteur qui vise un prêt sur 20 ou 25 ans voit son coût du crédit augmenter quelques dizaines de points de base en quelques semaines. Au-delà du taux, les banques durcissent aussi les conditions d'octroi : apport exigé, politique d'assurance, ou durée maximale accordée peuvent devenir plus contraignants, surtout pour les profils considérés comme moins solides.
Des écarts régionaux et de profil importants
La hausse n'est pas homogène sur tout le territoire. Selon FranceTransactions.com, les écarts entre meilleurs profils et taux « ordinaires » peuvent atteindre jusqu'à 60 points de base selon les zones.
- Zones où les meilleurs dossiers obtiennent des offres attractives : Île-de-France, Pays de la Loire, Nouvelle-Aquitaine, Bretagne.
- Zones où les taux restent élevés même pour les meilleurs profils : Corse, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Occitanie.
Quelques repères chiffrés
| Période | 15 ans | 20 ans | 25 ans |
|---|---|---|---|
| Juin 2026 | 3,12 % | 3,22 % | 3,30 % |
| Août 2026 (moyenne Pretto) | 3,33 % | 3,44 % | 3,52 % |
Que surveiller à la rentrée ?
Pour les ménages en projet d'achat, la fin de l'été appelle à la vigilance : suivre l'évolution de l'OAT et les communications des banques sur leurs barèmes, comparer les offres (y compris les conditions annexes) et s'interroger sur l'impact d'une hausse différée des taux sur la mensualité et l'endettement. Les primo-accédants peuvent toutefois trouver des offres promotionnelles ciblées : certains établissements lancent des produits dédiés qui restent attractifs pour les meilleurs dossiers.
Au final, la hausse constatée en août reste pour l'heure modérée, mais elle témoigne d'un basculement de régime : le coût du crédit n'est plus orienté à la baisse et un maintien durable d'une OAT élevée augmenterait mécaniquement la facture des futurs emprunteurs.