Un retournement stratégique pour la trésorerie Bitcoin de Tether
La recomposition du capitalisme Bitcoin institutionnel prend un tour inattendu : Jack Mallers, fondateur de Strike, a annoncé sa démission du poste de PDG de Twenty One Capital (XXI), sept mois seulement après l’introduction en Bourse de la société. Dans le même temps, Tether renonce au projet de fusionner sa société de trésorerie Bitcoin avec Strike et Elektron Energy, une entreprise de minage envisagée pour compléter l’ensemble.
Ce retrait n’est pas anodin : il interrompt un plan qui visait à créer un acteur intégré — trésorerie, paiement et mining — susceptible de concurrencer les grands détenteurs institutionnels. L’opération avait été présentée comme une voie pour consolider de larges positions en BTC sous une seule gouvernance. À présent, Strike reste autonome, et les discussions avec Elektron ne sont que « au stade initial » selon les documents publics.
"I've decided to step down as CEO of Twenty One. This wasn't anêsy decision, but it was the right one." — Jack Mallers, message public
Conséquences financières immédiates
Les marchés ont réagi sur les chiffres disponibles : l’action de Twenty One, cotée au New York Stock Exchange, clôturait récemment à 5,32 $, affichant une baisse d’environ 43 % depuis le début de l’année. La capitalisation de la société est estimée à quelque 1,85 milliard de dollars. Ces valeurs traduisent la pression qui pèse désormais sur les Digital Asset Treasuries (DAT) — des structures dont l’activité principale consiste à acheter et conserver de la crypto en trésorerie.
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Cours de l'action XXI | 5,32 $ |
| Baisse depuis le début d'année | ~43 % |
| Valorisation approximative | 1,85 Md$ |
Pourquoi ce revirement ?
Le contexte financier explique en grande partie ce choix : la chute du prix du Bitcoin a engendré des pertes dans le secteur, provoquant des réductions d'effectifs et une dilution des perspectives de rentabilité pour les sociétés qui alignent leur trésorerie sur le cours du BTC. Tether, qui détient une participation majoritaire à la fois dans Twenty One et dans Strike, doit désormais gérer une opération entre parties liées s’il voulait relancer une fusion — ce qui implique des contrôles et un examen réglementaire renforcés.
- La fusion aurait regroupé XXI, Strike et Elektron Energy pour créer une plateforme intégrée.
- Le départ de Mallers fragilise la vision initiale et laisse Strike indépendant.
- Le repositionnement de Tether reflète la vulnérabilité des modèles reposant lourdement sur les avoirs en Bitcoin.
Ce qui reste incertain
Plusieurs questions demeurent ouvertes : quelle ambition Tether investira-t-elle désormais dans la détention directe de BTC ? Un accord alternatif avec Elektron est-il envisageable malgré la complexité d'une opération entre entités liées ? Et surtout, comment les investisseurs institutionnels perdront-ils ou regagneront-ils confiance après ce retournement stratégique ? Les éléments publics ne permettent pas de trancher ces points.
Sur le plan du marché, ce recul illustre une tendance plus générale : les DAT sont sous tension quand le marché s’effondre, et les relais de liquidité privés (fusions, rachats massifs) sont devenus plus difficiles à orchestrer. À court terme, la mise à l’écart de la fusion réduit une source potentielle de demande institutionnelle concentrée — un facteur à surveiller pour l’équilibre des grandes positions en BTC.
En somme, le feuilleton Twenty One-Tether-Strike montre que la stratégie de trésorerie en cryptomonnaies reste fragile face aux retournements de marché et aux contraintes de gouvernance. Ce n’est pas seulement une affaire de prix : c’est une reconfiguration des modèles d’affaires qui s’impose quand les actifs volatils dominent les bilans.