Un rapport parlementaire plaide pour une dose de capitalisation
Un rapport parlementaire relayé par Le Parisien et signé par trois députés remet la question de la capitalisation au cœur du débat national sur les retraites. Les co‑signataires sont Christophe Plassard (Horizons), Charles Rodwell (EPR) et Jean‑Louis Thiériot (LR). Ils proposent d’introduire une part de capitalisation en complément du système par répartition afin, disent‑ils, de financer l’économie française et ses entreprises.
Selon le rapport, la capitalisation ne serait pas pensée pour remplacer la répartition, mais comme un complément permettant aux cotisations d’alimenter des comptes individuels investis sur les marchés. Les gains accumulés devraient servir à la retraite du salarié tout en constituant, toujours d’après les auteurs, un socle de financement pour les entreprises françaises.
"(le régime de répartition des retraites) est en état de mort cérébral", affirme l’un des signataires, illustrant la gravité du diagnostic posé par les auteurs.
Un objectif affiché : soutenir l’industrie nationale
Les députés avancent que des comptes capitalisés constitueraient un outil de diversification de financement pour les entreprises et un moyen de lutter contre la délocalisation ou le rachat d’actifs industriels. Ils présentent la capitalisation comme un « levier » permettant, selon eux, d’adosser la politique industrielle à des ressources financières issues des cotisations.
- Acteurs : Christophe Plassard (Horizons), Charles Rodwell (EPR), Jean‑Louis Thiériot (LR).
- Argument central : coupler capitalisation et répartition pour financer retraites et industrie.
- Soutien apparent : le rapport affirme que le ministre de l’Économie, Roland Lescure, aurait accueilli favorablement l’idée.
Un débat qui ravive les oppositions
La proposition relance un clivage ancien. Pour ses défenseurs, la capitalisation est un complément moderne et utile au financement national. Pour ses détracteurs, elle fragiliserait le principe de solidarité intergénérationnelle du système de répartition et exposerait les pensions aux aléas des marchés financiers. Le débat politique et social risque de se cristalliser autour de ces enjeux de principe et d’impact sur le niveau des pensions.
| Député | Étiquette |
|---|---|
| Christophe Plassard | Horizons |
| Charles Rodwell | EPR |
| Jean‑Louis Thiériot | LR |
Sur le plan pratique, l’introduction d’une part de capitalisation poserait des questions concrètes : proportion des cotisations à basculer, régulation des fonds, gouvernance des placements, protection des futurs retraités contre les risques de marché et articulation avec les droits acquis en répartition. Autant de points qui devront être précisés si le rapport débouche sur des propositions législatives ou sur un débat à l’Assemblée.
Le rapport montre en tout cas que la question du financement des retraites reste ouverte dans l’agenda politique français, et que certains députés entendent lier étroitement politique sociale et stratégie industrielle.