De Mossoul à Agen : un parcours d’intégration par le travail et le sport
Arrivé en France le 14 février 2019 avec le statut de demandeur d’asile, Idrees Omar, 34 ans, illustre la manière dont emploi, bénévolat et initiative personnelle peuvent se conjuguer pour recréer un parcours professionnel et social. Ancien journaliste politique à Mossoul, il a d’abord enchaîné plusieurs petits boulots — en usine, dans l’agriculture, puis en livraison — avant de s’installer durablement à Agen.
Sa trajectoire professionnelle s’est construite aussi en pratiquant des activités sportives. Diplômé en éducation physique, il a suivi des études entre 2010 et 2014 et évolué comme joueur professionnel à Mossoul, puis en France au FC Nérac et au SUA Agen jusqu’en 2023. Aujourd’hui, il préside le nouveau club FC Soleil Français, dont il organise les détections et la structuration locale.
« J’ai failli être tué, j’ai dû tout quitter et fuir avec ma femme. »
Au-delà du sport, Idrees a trouvé dans le commerce de proximité un moyen de stabiliser son activité : depuis deux ans, lui et son épouse tiennent un stand de spécialités irakiennes, présent chaque dimanche place du Pin. Ce commerce, baptisé comme son club, lui offre un double emploi du temps : travail de jour au marché, engagement bénévole ou dirigeant le soir au stade.
Ce que change ce parcours pour l’emploi et l’intégration
Trois éléments ressortent de ce témoignage et ont des implications pratiques pour les politiques d’emploi et d’intégration :
- Polyactivité : la combinaison d’emplois précaires (usine, agriculture, livraison) puis d’activités indépendantes montre la recherche de stabilité par la diversification des ressources.
- Utilisation des compétences : une formation et une expérience sportive et journalistique ont été réorientées vers le management associatif et la création d’activités locales.
- Rôle des acteurs locaux : l’accompagnement du Cada de Bon-Encontre a été une étape pour l’accès aux droits et à l’emploi, illustrant l’importance des dispositifs d’accueil pour les réfugiés.
Ces dynamiques renvoient à des questions plus larges : comment reconnaître et valoriser les qualifications étrangères ? Quels soutiens concrets offrir pour transformer emplois précaires en emplois durables ? Le cas d’Idrees montre que l’accès à l’emploi passe aussi par la capacité à créer du lien social et à mobiliser des ressources locales.
Quelques repères chronologiques
| Année | Événement |
|---|---|
| 2010–2014 | Études à la Faculté d’éducation physique (Mossoul) et pratique comme joueur professionnel |
| 14/02/2019 | Arrivée à Agen avec le statut de demandeur d’asile |
| Depuis 2 ans | Tenue d’un stand de spécialités irakiennes au marché du Pin |
| Jusqu’en 2023 | Passage sportif au FC Nérac puis au SUA Agen |
Le récit d’Idrees Omar est à la fois singulier et révélateur : il met en lumière la capacité d’adaptation des personnes réfugiées et l’importance des parcours mixtes — salariat, auto-emploi, engagement associatif — pour recréer des trajectoires professionnelles. Pour les employeurs et les acteurs publics, cela rappelle la nécessité d’un accompagnement adapté permettant de transformer des emplois précaires en opportunités durables.