Une ambition nationale née d'une ferme locale
Installée à Mouliherne, près de Saumur, L’Atelier d’Émile est passée, en quatre ans, du statut de jeune marque locale à une entreprise qui déploie plusieurs gammes pour l'apéritif. Fondée en 2022 par Arnaud Simon, la société a d'abord commercialisé des tartinables de légumes bio issus en partie de la ferme attenante, destinés aux circuits fins (épiceries fines, primeurs, cavistes, fromagers).
Diversification pour deux marchés distincts
Face à l'intérêt des enseignes nationales, la PME a lancé en 2025 une deuxième marque, Ça Tartine, élaborée en conventionnel et pensée pour la grande distribution. L'objectif est double : préserver une offre différenciée pour les commerçants spécialisés et répondre à la demande de volumes et de prix plus accessibles des enseignes nationales. Selon le dirigeant, le bio « n’a pas le vent en poupe » dans la grande distribution, d'où le positionnement distinct des deux marques.
« Je veux qu’ils soient une partie de mes clients, mais je ne veux pas dépendre d’eux. »
Maîtrise de la production et stratégie commerciale
Le fondateur, qui a travaillé plusieurs années dans l’industrie, insiste sur la nécessité de contrôler la chaîne — de la matière première au produit fini — pour garantir transparence et qualité. Cette maîtrise lui permet d'alimenter à la fois ses gammes bio issues de la ferme et des références où une partie des ingrédients est achetée à l'extérieur.
Les risques et les opportunités de l’entrée en grande distribution
Les grandes enseignes représentent un effet volume attractif, mais aussi des négociations serrées et un risque de dépendance commerciale. La stratégie adoptée vise à répartir les prises de commande entre plusieurs canaux pour éviter qu'une enseigne ne « tienne » l'entreprise. Pour une PME, cette équation détermine la rentabilité, la marge de manœuvre en prix et, in fine, l'impact sur le pouvoir d'achat des consommateurs qui verront des produits similaires sous des positionnements différents selon le point de vente.
Conséquences pour le consommateur
- Une offre différenciée : produits bio et locaux pour le circuit spécialisé, références plus compétitives en grande distribution.
- Possibilité d'accéder aux tartinables de la marque via plusieurs canaux, ce qui peut faire évoluer les prix et la disponibilité.
- Risque de standardisation si la production se concentre trop sur le volume ; la diversification des marques est un rempart.
| Année | Événement |
|---|---|
| 2022 | Création de L'Atelier d'Émile, tartinables bio |
| 2025 | Lancement de la marque Ça Tartine (conventionnel) pour la grande distribution |
Le cas de L’Atelier d’Émile illustre une dynamique répandue : des petites entreprises agroalimentaires capitalisent sur une identité locale et un contrôle des matières premières pour se développer, tout en s'adaptant aux exigences de prix et de volume des distributeurs. Pour les consommateurs, cela signifie davantage d'options à l'apéritif — à condition que la diversification ne se traduise pas par une dilution de la qualité initiale.